LA BRETAGNE EST-ELLE TRAVERSÉE ÉPISODIQUEMENT PAR LE LOUP?

Le dossier présenté par le Télégramme, le jeudi 2 novembre laisse le lecteur perplexe. Et pour cause !

Alors que les faits de prédations qui se développent en centre Bretagne, depuis le 13 septembre 2019, sur le secteur de Gueltas (prédations-consommations qui n’ont fait l’objet d’aucune publication dans la presse régionale bretonne) et sur le secteur de Langonnet (prédation-consommation sur un veau de 30 jours) à la même date du 13 septembre 2019, sur lequel Ouest-France a communiqué, le Télégramme retient dans les déclarations de Jean-Marc Moriceau la phrase suivante, je cite :

« La Bretagne est traversée épisodiquement par quelques loups »…

Doit-on comprendre que le loup est bien présent en Bretagne et qu’il pourrait s’installer « dans la prochaine décennie » ?

La Bretagne est traversée épisodiquement par quelques loups…

Le Syndrome de Caurel :


Pendant que l’on explique en cession de conseil municipal à Gueltas, début octobre 2019, que les derniers faits locaux sont dus à des chiens errants, ce stratagème de désinformation connu, concernant la présence du loup en France depuis la fin des années 80, le loup s’inscrit dans les milieux sauvages de Bretagne, peu à peu et depuis Mars 2017

Les faits répertoriés et les indices de présences obtenus par l’Observatoire du loup en 2019 et depuis novembre 2017 expliquent que l’installation du sauvage en région Bretagne est une réalité, multiple, déjà parfaitement établie.

Il faut compter à ce jour quatre (4) zones d’installation établies ou en cours de dispersion-installation, pour des effectifs compris dans une fourchette de 6 à 10 individus au plus.

Ces individus en groupe ou isolés ne sont plus en phase de recherche de territoire depuis l’été 2018, au plus tard !

Le loup est en place et les flux de dispersion qui ont alimenté ces dispersions ont également évolué. Les flux sont alimentés par des dispersants originaires du Limousin et de Bourgogne-France-Comté ainsi que des départements de L’Ile-de-France depuis 2014. De nombreux individus dispersants suivent le cours de la Loire au départ des départements traversés par l’Allier depuis 2010 vraisemblablement.

https://observatoireduloup.fr/2019/10/18/septembre-2019-nouvelles-predations-en-centre-bretagne/

 


En centre Bretagne depuis le 13 septembre 2019, les faits sont les suivants :


Depuis le 13 septembre 2019, quatre (4) faits de prédations, de nuit, dont trois avec consommation des proies ont eu lieu respectivement entre Kerrifé, Le Guer (2 chèvres) et Buglé en l’espace de 6 semaines. Suite aux trois premières prédations, les plaintes déposées (contre la Nature donc) n’ont donné lieu à aucun avis circonstancié des gendarmes, chargés des faits. Ces dossiers seront donc classés sans suite, très probablement!

Jusqu’à quand les autorités vont-elle nier l’évidence? La presse régionale est informée des faits et nous demande des preuves de la présence du loup! Que fait donc l’Oncfs sur ce sujet?

La nuit du 26 octobre 2019 un acte de prédation au sud de Gueltas, a fait quatre (4) victimes domestiques, sur le lieu dit  » La Croix de Bolan » (Morbihan). Deux chèvres et deux ovins ont été prélevés! 

Zone Gueltas Nord, Septembre/Octobre 2019

 


« Pourquoi et comment les loups débordent leurs espaces d’origine ? »


Les explications de Jean-Marc Moriceau sont assez basiques, voire inexactes, les louveteaux de deux ans n’existent pas, ils ne sont pas chassés de leur propre meute, en résumé il faut dire que l’historien  n’aborde jamais la biologie intime de l’espèce.

Dans d’autre sphères, il explique cependant qu’il faudrait choisir les lieux de vie du sauvage en l’excluant de fait des zones d’élevage. Hors, concernant l’élevage ovin, il faut reconnaître qu’il subsiste dans des campagnes qui se sont vidées de leurs paysans depuis plus de 150 ans. Nous sommes donc passé de 30 millions d’ovins et 5000 loups adultes en 1850 à 7 millions d’ovins et au plus 750 canidés en 2019, alors que l’espèce à été éradiqué en pure perte.

Il est remarquable de constater que ce sont dans ces mêmes aires fuies par les populations paysannes que les zones peu anthropisées existent, là où le loup peut donc se reproduire. Dans ces mêmes aires les populations de proies herbivores sauvages ont été largement développées par une gestion cynégétique active. Deuxième atout pour le loup. Il peut s’y nourrir. Hors les 7 millions d’ovins élevés en France sont aujourd’hui concentrés sur des espaces géographiques de faibles surfaces augmentant la densité des proies herbivores et naturelles du sauvage, de manière artificielle, sans que les instances qui gouvernent les éleveurs n’aient anticipé le retour naturel de l’espèce. Le loup n’est donc pas en concurrence avec l’humain, tout au contraire il est le territoire.

https://observatoireduloup.fr/2017/09/30/france-pourquoi-le-loup-disperse-t-il/

La carte habituelle de l’Odl avec quelques données supplémentaires, comme les GSR (groupes susceptibles de se reproduire) et les fortes concentrations d’effectifs ovins (points noirs). Les zones grisées correspondent aux milieux les plus faiblement anthropisés, en France.

https://observatoireduloup.fr/2019/04/26/analyses-de-la-reproduction-des-predations-et-dispersions-du-loup-dans-le-contexte-francais-sous-pression-de-chasse/

 


« Le loup est-il de nouveau présent en Bretagne ?»


Le titre de ce paragraphe pourrait presque faire sourire, je cite :

« la question divise les observateurs selon leur appartenance à des organisations officielles ou non… »

Il faut noter que les seuls observateurs sur le terrain sont ceux de l’Observatoire du loup ! C’est une évidence.

Il semble qu’il ne soit pas possible de dire ouvertement que la présence du loup en centre Bretagne, ne fait aucun doute ! Des consignes sont-elles passées à la presse ?

https://observatoireduloup.fr/2019/10/27/les-donnees-du-reseau-loup-sont-elles-fiables/

Concernant les « nombreuses personnalités qui confirment ou infirment les diagnostics publiés » il faut remarquer qu’elles ne semblent pas avoir de compétences formelles sur les sujets de la biologie du loup et de ses dispersions au 21éme siècle !

Les déclarations des intervenants locaux depuis 2018 :

https://observatoireduloup.fr/2019/10/12/emmanuel-holder-est-il-le-referent-loup-de-bretagne-vivante/

https://observatoireduloup.fr/2018/09/03/la-bretagne-possede-t-elle-les-biotopes-necessaires-a-linstallation-du-loup/

 


Quelle est la situation en Novembre 2019 :


 

Il existe quatre zones d’installation, depuis mars 2017 la zone Gourin/Bubry s’est mise en place progressivement, depuis novembre 2017 la zone Saint-Jean-Brélevay/Gueltas est bien fixée, depuis juillet 2018 une troisième zone, Mauron/Bain-de-Bretagne est en cours de formation et une dernière zone, plus au nord, qui s’est progressivement mise en place dès l’été 2017 Guerlédan/Guingamp est encore évolutive en 2019. Toutes ces zones connaissent en 2017, 2018 et 2019 des comportements d’exploration des canidés qui correspondent donc à des sorties provisoires des domaines vitaux reconnus. Ces sorties d’explorations correspondent souvent à des prédations sur domestiques qui restent occasionnelles et à des recherches de congénères de sexe opposé !

https://observatoireduloup.fr/2019/06/22/les-indices-de-presence-du-loup-en-bretagne-entre-fevrier-2012-et-mai-2019/

https://www.letelegramme.fr/bretagne/jean-marc-moriceau-la-bretagne-est-traversee-episodiquement-par-quelques-loups-01-11-2019-12422948.php

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/langonnet-56630/centre-bretagne-suspicion-d-une-attaque-de-loup-sur-un-bovin-6526027

 

Nous allons laisser la conclusion à Jean-Marc Moriceau:

« Il faut réunir les Etats Généraux sur le loup avec toutes les parties prenantes afin de valider sa territorialisation… »

https://observatoireduloup.fr/2017/09/20/pour-en-finir-avec-le-loup-predateur-de-lhomme-de-lhistorien-jean-marc-moriceau/

Affaire à Suivre!

 

11 commentaires sur “LA BRETAGNE EST-ELLE TRAVERSÉE ÉPISODIQUEMENT PAR LE LOUP?

  1. Je passe ici de temps à autre en simple curieuse, Bretonne de la ville…

    Il y a plusieurs années de ça, cherchant à y voir plus clair en-dehors de toute fiction dans l’affaire de « La Bête du Gévaudan », j’avais acquis un petit livre qui paraissait faire le point. Après lecture j’eus le sentiment net de ne pas être plus avancée. L’ouvrage semblait entretenir la confusion par les incohérences et contradictions que j’y relevais, en dépit de quelques informations intéressantes, d’une iconographie fournie et d’une mise en page attrayante. Je viens d’aller voir sur mes rayonnages qui en était l’auteur, ce dont je ne me souvenais pas : Jean-Marc Moriceau, « La bête du Gévaudan, la fin de l’énigme ? », éditions Ouest-France, 2015.

    Donc la « Bête du Gévaudan » demeura pour moi un mystère. Jusqu’à ce que, il y a quelques mois, à l’occasion d’une recherche sur la toile à propos d’un sujet contemporain mais qui n’avait apparemment rien à voir, je tombe sur un article concernant l’œuvre d’un artiste animalier américain – remarquable ! une vraie découverte – dénommé Walton Ford.

    http://www.parisecologie.com/Archives/Evenements/ExpositionWaltonFord/ExpositionWaltonFord%202.htm

    L’article est un extrait du dossier de presse, toujours disponible (à gauche, sous « + Presse/contact exposition ») à cette adresse, qui permet de voir les œuvres en question en grand :

    https://www.chassenature.org/walton-ford/

    Artiste-invité par le « Musée de la Chasse et de la Nature » à Paris en 2016, il y a notamment exposé les œuvres que lui inspire cette histoire bien française. Il explique qu’il a pris comme point de départ les travaux d’auteurs anglo-saxons qui se sont penchés sur cette affaire et qui ont mis en évidence que « La Bête du Gévaudan » n’existait pas. C’est bel et bien un mythe. Une histoire montée de toutes pièces par quelques notables en mal d’autorité et d’attributions officielles (et les pépettes qui vont avec), à un moment historique donné, critique s’il en est, la fin de la monarchie et de l’Ancien régime en France, et dans une zone géographique précise, isolée, déshéritée, méconnue, éloignée des grands centres de décisions. Peu à peu cette histoire a échappé à ceux qui l’avaient lancée en tournant localement à l’hystérie collective, l’époque s’y prêtant. Ne rions pas, nous n’en sommes pas à l’abri de nos jours, nous qui nous croyons si malins et évolués, nos petits hochets technologiques en main… Mais « La Bête du Gévaudan » n’existe pas. Aucun loup hors-normes n’est en cause, aucune bestiole infernale n’était à la manœuvre si ce n’est dans la seule cervelle des hommes, aujourd’hui comme hier ! Au passage je me permets de noter qu’il est grand dommage que l’auteur de l’article (page 16 du dossier de presse) n’ait pas su tirer la leçon du sujet en accusant un peu légèrement le XVIIIe siècle d’avoir « enfanté Sade », perpétuant ainsi à son tour le vieux poncif qui veut que le marquis de Sade soit lui aussi un monstre alors que non : c’était simplement un homme capable de beaucoup de choses comme tous les hommes, sur lequel on a dit tout et n’importe quoi dès son vivant, qui n’a pas inventé le « sadisme » mais l’a mis à nu dans son œuvre d’écrivain, tellement dérangeante aujourd’hui encore (ceci explique cela), tout comme Walton Ford révèle la vérité de « La Bête » dans la sienne…

    La bête du Gévaudan en elle-même n’existe pas, il me semble qu’on ne le dit et qu’on ne l’entend pas assez en France. Au contraire des ouvrages continuent à paraître qui font leur beurre de la légende et entretiennent les fantasmes, quand le principal auteur anglo-saxon (Jay M. Smith, universitaire de Harvard, parfois rien ne vaut le décentrement pour bien étudier un sujet et garder la tête froide) qui l’a démontée et que cite Walton Ford n’est « curieusement » pas traduit en français. L’intérêt et les retombées financières l’emportent sur la vérité qui, elle, ne fait pas recette. Je n’ai pas eu l’occasion de mettre les pieds dans l’actuelle région du Gévaudan, mais j’imagine que « La Bête » y constitue une manne touristico-économique non négligeable (une jolie statue n’a-t-elle pas été érigée ?) : faudrait pas tarir le filon ni tuer la poule aux œufs d’or. Et qui est pris pour des gogos aujourd’hui comme hier ? Le populo, ce « brave » peuple, et un public qui en redemande… La boucle est bouclée, et elle tourne !

    En attendant, grâce à des mythes tels que « La Bête du Gévaudan » les loups trinquent à notre époque encore.

    1. Bonjour, de fait je ne vais pas revenir sur la bête du Gévaudan qui fait encore l’objet de nombreuses publications…Moriceau surfe sur la vague également et depuis des années. Il a fait preuve de certains écarts inadmissibles pour un universitaire mais pour vendre des éditions dorées à l’or fin , numérotées, à 120 euro l’unité il faut faire des écarts, c’est évident! Certaines données recueillies par l’auteur ont un intérêt bien sûr, toutefois, personne ne les exploite. Quand on pense que depuis le 13 septembre 2019 dix domestiques, caprins bovins et ovins ont subi des prédations hors normes dans le Morbihan (hors canin domestique de fait), que la presse est informée des faits et que rien ne transpire en dehors de l’interview de Moriceau et que les plaintes déposées en gendarmerie resteront sans suite, il faut comprendre que rien ne se passe et tout se transforme dans l’irresponsabilité habituelle! Au lieu d’anticiper, une fois de plus, l’officio-pathologie va attendre que de nombreux prélèvements s’exercent sur des troupeaux ovins, en cachant les faits le plus longtemps possible et pour expliquer ensuite qu’un loup isolé, mâle et immature est de passage! Ce qui bien-sûr ne permettra jamais d’instituer une cohabitation réfléchie! Encore un grand moment d’écologie punitive, car les Ong sont complices du système de désinformation mis en place! Hors le loup est braconné là il n’existe pas officiellement et ou tous les indices de présence sont classés officiellement « invérifiables » comme dernièrement en Haute-Marne alors que si nous n’avions pas alerté la presse indépendante qui a communiqué, les faits auraient été tenus au secret! Cette politique dure depuis 30 ans et nous a conduit à 96 tirs de destruction en 2019 pour des niveaux de prédations, toujours globalement à la hausse à fin octobre 2019 et au niveau alpin, comme au niveau national! Un fiasco complet!

  2. Bonjour, entre ODL et ONCFS mon choix est vite fait : je préfère des gens de terrain, à d’autres aux ordres du préfet et du ministère…
    (il ne faut pas effrayer le Pékin de base ! )
    Ceci dit, je me pose quand même des questions :
    . Les pièges photos ont ils photographié un ou des loups ?
    . Sur vos cartes, plusieurs fois il est noté Fèces, donc ADN … qu’en est il ?
    . Votre carte de Bretagne avec tracés et annotations : SANS LEGENDE ! c’est (pour moi ) bien difficile à déchiffrer…
    Félicitations tout de même pour le travail accompli …
    Cordialement
    Bleizy 56

    1. Bonjour, à quoi bon fournir une analyse Adn à l’officialité en place qui classera les analyses « invérifiable », ce n’est pas notre crédo. Les faits, dans les 12 mois à venir vont parler d’eux-mêmes. Chacun son job, il est hors de question de collaborer avec des instances qui mentent à la presse, nous l’avons prouvé à de multiples reprises. Les cartes sont des cartes à multiples niveaux, elles servent d’illustration, certainement pas à positionner les faits précisément, ces données ne sont accessibles qu’à ceux qui collaborent avec l’Odl et après confirmation. Nous avons accès nos relevés de pièges sur la présence de soit-disant chiens errants qui seraient présents, en meute en Bretagne. Nous n’avons relevé qu’un seul groupe de chien, bien gras, et en dehors des zones de prédations sur domestiques. LA question qui se pose , en l’absence avérée de chien dit « errant » est la suivante: Quel est le grand canidé qui disperse sur des territoires compris entre 15000 et 45 000 ha, qui chasse le chevreuil, le cerf, le ragondin et occasionnellement des animaux domestiques, qui laissent des pistes rectilignes dont la plus longue faisait près de 100 mètre, qui hurle comme le loup et qui est quasi invisible et dont l’empreinte caractéristique porte le stigmate de Canis lupus italicus, soit les pelotes 2 et 3 unies à la base?
      Concernant les pièges photos nous avons proposé l’expérimentation suivante, entre autres démarches que nous allons engagées et qui resteront pour le moment dans l’attente de futures communications: https://observatoireduloup.fr/2019/07/04/presence-du-loup-en-bretagne-le-programme-piegealoup-de-lobservatoire-du-loup/

  3. Bonjour,
    sur la carte de dispersion du loup vous faites apparaître des GSR, notamment dans l allier dans le bocage bourbonnais, je voulais savoir si cette zone correspond à la zone de présence durant l hiver 2016-2017 (messarge grosbois) et si des loups sont actuellement presents dans cette zone.
    Merci d avance

          1. Simplement pour avoir des informations,je suis eleveur, non chasseur, avoir des infos pour anticiper, c est bien le manque d anticipation que vous denoncez

          2. Les faits parlent d’eux-mêmes, je pense, il me semble que tous les éleveurs d’ovins, en France devrait anticiper, m^me les chasseurs bretons commencent à poser des pièges photo dans les secteurs de prédations, pourtant d’après les fédérations, il ne se passe rien. Nous nous sommes rarement trompé, c’est une certitude. Plus-tôt les moyens sont en place, plutôt ils sont efficaces. Merci de nous adresser un courriel en situant votre exploitation, nous vous répondrons précisément. Cordialement.

  4. Il n’y a pas plus facile que de prendre un groupe de chiens en photo, n’est ce pas. Hors nous avons placé des pièges photos depuis février sur ce secteur et il n’y a aucun chien divagant, encore moins en groupe, sur ce secteur. Je précise que les âneries énoncées en conseil municipal de Gueltas concernant des chiens sont fausses. Et pour cause, une équipe de l’Odl a pisté tous les secteurs, à de nombreuses reprises et encore hier elle a constaté de visu l’absence de chien divagant…

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