La Bretagne possède-t-elle les biotopes nécessaires à l’installation du loup?

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Quels sont les impératifs?


Le canidé privilégie les lieux reculés et difficiles d’accès concernant ses aires de repos et de reproduction, toutefois, il est tout à fait habituel de le voir s’installer près de l’homme. En Roumanie, en Allemagne et en Italie les loups vivent en meute aux abords des villes, en Espagne et en Allemagne, également, dans les vastes plaines céréalières.

Le sauvage fréquente également les milieux de montagne, des prairies de fond de vallées, aux pelouses d’altitude, parfois, au dessus de 3000 mètres.

Le loup s’adapte à de très nombreux types de biotope. Il fréquente également les milieux ouverts, les crêtes et les landes.
Pour que le loup s’installe durablement il doit pouvoir accéder à des proies vulnérables en nombre suffisant et à la reproduction rapide. Ces principales proies, parmi la faune sauvage sont le chevreuil, le sanglier et le cerf (le mouflon quand il a été réintroduit) en dehors des dommages subies par les ongulés domestiques dont les vastes troupeaux  sont souvent intégrés, faute d’anticipation, aux secteurs de chasse de la zone vitale, définie, par le ou les canidés présents.

Je cite:

« Le loup ne peut pas s’y installer durablement »

Une thèse qui ne tient pas la route selon François de Beaulieu qui interviendra lors d’une conférence intitulée «Le loup bientôt en Bretagne?» samedi aux Champs Libres à Rennes. « Ce n’est pas sérieux. Certains individus pourraient bien sûr arriver jusqu’en Bretagne, ils en ont la possibilité biologique. Mais la Bretagne n’offre pas assez de ressources alimentaires ni de grands espaces pour que le loup puisse s’y installer durablement », assure l’historien, auteur de nombreux ouvrages sur la nature en Bretagne.


Quelles sont les espaces disponibles en Bretagne?


La zone vitale d’un groupe de canidés évolue fréquemment en fonction des impératifs biologiques de l’espèce et de la météorologie. Cette zone qui comprend des sites précis destinés au repos et à la chasse, comme à la reproduction est largement sectorisée. Le loup se déplace en permanence et d’un secteur à l’autre tout en assurant la territorialité qu’il a mis en place, après avoir investi la géographie des lieux, parfois, pendant de nombreuses années ( 2/5 ans avec aller-retour au groupe d’origine).

Sur des zones vitales comprises entre 55 000 ha et 17000 ha le ou les canidés présents vont intégrer très rapidement la géographie des lieux et se l’approprier.

A la comparaison des cartes du 19 éme et de la situation géographique de 2018 (en centre Bretagne), il est tout à fait perceptible que les conditions, bien qu’elles aient légèrement évoluées, sont globalement les mêmes, en terme de surface de boisement. Bien qu’au 18ème siècle les surfaces boisées ont considérablement reculées,  en 1841 les landes couvrent près de 43% des surfaces dans le département du Morbihan. A la même époque, dans les conditions décrites, le loup est bien présent entre Finistère, Morbihan et Côtes d’Armor. Le boisement des landes débute réellement à partir de 1850 en raison des perspectives économiques attrayantes liées à une rotation rapide des plantations de pins maritimes et vont complètement s’affirmer au cours du 20ème siècle.

Exemple:

Sur ces cartes il est possible de retrouver la correspondance entre bois et massifs forestiers sur une surface d’environ 120 000 ha.

Alors que certains boisements ont régressé en surface d’autres ont évolué positivement.

Sur la carte de droite, la zone blanchie couvre le PNR Armorique, la zone bleutée les principales population de sangliers et la zone rougie les principales population de chevreuils (plus forte concentration d’ongulés) Le chiffre 1855 correspond au tir d’un loup répertorié sur la carte de gauche. (Davies 1855)


Evolution des populations humaines


Globalement les campagnes se sont vidées de leurs habitants même si certaines communes ont su revitaliser leurs activités en centre Bretagne.

Certains secteurs, sur la carte ci-dessous, répertorient au plus 10 habitants pour 100 km2. Tous les espaces nécessaires sont donc présents, en terme de tranquillité, voire d’inaccessibilité, pour que le loup s’installe durablement.

https://www.persee.fr/docAsPDF/noroi_0029-182x_1999_num_184_4_6977.pdf

Je cite France Culture concernant l’intervention de Pierre Rigaux:

Bientôt des loups en Bretagne ?

« C’est ce que défend le naturaliste Pierre Rigaux, défenseur des loups. Selon plusieurs observateurs, le loup pourrait arriver en Bretagne, non pas dans le cadre d’une réintroduction, mais via un processus naturel biologique : l’impératif de se disperser. »

(tout le monde remarquera que l’observatoire du loup n’a pas été cité!)


Effectifs des ongulés sauvages en Bretagne…


Je cite:

« Introduit en Bretagne dans les années 1950, le cerf a connu une forte augmentation de ses effectifs depuis le milieu des années 1980 ; la surface occupée par l’espèce est passée de 594 ha en 1985 à 2 161 ha en 2005. Actuellement, 850 à 1 050 cerfs sont présents en Bretagne, soit à peine 1 % des effectifs français. Le cerf occupe les grands massifs des Côtes-d’Armor, où il est le plus présent (forêts de la Hardouinais, de Loudéac, de la Hunaudaye, etc.), du Morbihan (forêt de Lanouée, massif de Quénécan, etc.) et d’Ille-et-Vilaine (forêt de Paimpont). »

« Les effectifs de sangliers sont longtemps restés assez faibles en Bretagne, mais ils ont nettement augmenté depuis la mise en place d’une gestion de l’espèce dans le milieu des années 1980. Le sanglier est aujourd’hui largement répandu dans la région, un plan de chasse pour cette espèce a été instauré en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan. Suite à cette expansion, les prélèvements par la chasse ont été multipliés par 13 entre la saison 1985-1986 et la saison 2005-2006. « 

« L’espèce la plus présente est le chevreuil. Depuis le milieu des années 1980, le contrôle des prélèvements de cette espèce par la chasse a entraîné une augmentation continuelle des ses effectifs. Longtemps peu abondant, cet animal est maintenant bien présent dans l’ensemble de la région. »

http://www.bretagne-environnement.org/mots-cles/Patrimoine-naturel/Suivi-cynegetique/Le-reseau-Ongules-sauvages

Il est inutile de chercher à savoir si le loup dispose de proies en Bretagne, les effectifs de chevreuils ont été multipliés par 6 en 30 ans, par 3 en 20 ans sur le sanglier et le cerf élaphe a vu ses effectifs multipliés par 4 en 15 ans.

Toutes les conditions sont donc réunies pour favoriser l’installation du loup en Centre Bretagne. Les dispersions du loup en dehors de la zone vitale sont fréquentes, de nombreux passages sur les mont d’Arrées sont à prévoir rapidement!

2 commentaires sur “La Bretagne possède-t-elle les biotopes nécessaires à l’installation du loup?

  1. Bonjour
    Je crois que le monsieur ne connaît pas l histoire de la Bretagne et a oublié que c est un grand territoire agricole avec beaucoup d élevage…

  2. Il faut être idiot pour de nos jours dire « le loup n’ira pas là ». S’il est déjà en Ile de France, il n’y a aucun raison de ne pas être en Bretagne. C’est le même paysage… Un mélange de cultures agricoles, de forêts, et aucune montagne. Vous voyez des renards tous les jours ? Non, et pourtant il y en a 100 fois plus que des loups. Donc le loup en Bretagne ce n’est qu’une question de temps. Et en Bretagne il y a plus de forêts et une population moins dense que certaines zones d’Ile de France où le loup est pourtant déjà. En plus en IDF ce ne sont que des forêts morcelées. On prétend qu’il y a de grandes forêts, comme Rambouillet ou Fontainebleau, mais il y a énormément de routes qui les traversent, des bâtiments habités, des villages etc… Et s’il peut cohabiter comme ça en Italie c’est parce qu’il n’attaque pas l’homme. En France c’est limite alerte attentat dès qu’on voit un loup…

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