LES DONNÉES DU RÉSEAU LOUP SONT-ELLES FIABLES?

Les dernières données du réseau loup publiées en avril 2019 font ici l’objet d’une analyse détaillée afin de mettre en correspondance, si possible, les investigations de terrain des bénévoles et techniciens du réseau en 2018, avec les faits de prédations du ou des canidés présents. La base se réfère au front dit « de colonisation », sur des départements suivis en multi-partenaires ou directement par le réseau de veille de l’Oncfs. Quelles sont les données récoltées, en quel nombre, que font-elles ressortir, est-il possible de penser que ces données sont en rapport avec les réalités naturelles, que nous expliquent les croisements des données?

 


Les données du réseau multi-partenaire :


28 départements sont étudiés en particulier, sur ces 28 départements, 103 OBSERVATIONS VISUELLES SONT RETENUES, pour un effectif de population de 24 canidés qui auraient prélevé sur les troupeaux en 18 mois (2018/2019) 859 domestiques, soit 23 domestiques par loup détectés et par an, en moyenne.

Sur les départements suivants, Haute-Saône, Meuse, Haute-Loire, et Aube le loup n’est pas détecté en 2018 alors que les prélèvements enregistrés sur 2018 et 2019 s’élèvent à 62 domestiques pour un effectif probable non validé de 6 individus, soit 10 domestiques prélevés par loup, non détecté, en moyenne et officiellement.

En présence officielle du loup, le canidé prélève donc 2,3 fois plus de domestiques que dans l’absence officielle du loup, alors que des faits de prédations sont enregistrés et indemnisés.

Sur les départements ou la présence du loup est officielle, les observations de groupes ou meutes sont presque systématiquement classées « invérifiables ». Ces effectifs classés invérifiables représentent au total 29 individus pour 13 groupes. Rapportés aux nombres de victimes domestiques on retrouve curieusement, 731 domestiques sur une même période de 18 mois et pour 29 individus non validés, soit en moyenne et par an, 16 domestiques prélevés par loup. Soit 1,6 fois plus de prélèvements que dans les départements ou la présence du loup n’est pas officielle mais ou l’on enregistre des prédations officiellement en 2018 et/ou 2019.

Il faut constater que les indices de présences du loup « validés » ne correspondent pas aux nombres des victimes, contrairement aux indices classés « invérifiables », nous allons y revenir.


Quelques constats relevés sur les 28 départements étudiés ici :


Toutes les données en rapport avec des observations visuelles en groupe sont classées systématiquement « invérifiables« , ainsi sur 13 départements l’ensemble des observations concernant 2 ou 3 individus sont classées invérifiables. Soit 45 % de l’ensemble des observations visuelles et 77 % du total des observations de groupes ou meutes. Sauf dans le département des Vosges ou 2 individus (seulement) sont retenus sur le massif. La présence de cette meute est connue depuis 2010, de fait.

Dans les départements ou les équipes d’intervenants du réseau sont supérieures ou égale à 10 correspondants, de nombreux indices de présence sont récoltés. 15 départements (soit 52% des départements suivis en multi-partenaires) représentent 339 éléments recueillis (sur un total de 397 éléments collectés) soit 85 % des données recueillies. Dans les départements suivants, les investigations de terrain ne représentent que 15% des données soient pour 13 départements, 58 données recueillies en 2018 ! Soit entre 4 et 5 en moyenne sur l’année 2018, par département, la fourchette variant de 1 à 15 données :

Vosges, massif,

Haute-Saône,

Haut-Rhin,

Nièvre,

Moselle,

Meuse,

Marne,

Loire,

Jura,

Doubs,

Aube,

Ardèche et Ain

Ces départements sont peu suivis, ils ne représentent que 19% du nombre de victime enregistré entre le 1er janvier 2017 et le 31 juillet 2018. Les données recueillies représentent 15% de l’ensemble des données du réseau multi-partenaires. Toutefois sur ces 13 départements, les 3 départements suivants connaissent des observations visuelles en groupe « invérifiables » :

La Meuse ou 2 individus au moins sont probablement présents,

L’Ardèche ou 2 individus, au moins, sont probablement présents,

L’Ain ou 2 individus, au moins, sont très probablement présents.

Il faut noter que dans 48% des départements, en présence officielle du loup, les suivis ne sont pas mis en place de manière à détecter les populations de canidés. Il faut attendre de nombreux faits de prédations sur les domestiques pour voir s’engager les nombreuses investigations de terrain nécessaires. En exemple, Meurthe-et-Moselle, Gard, Cantal et les Bouches-du-Rhône, Pyrénées-Atlantiques représentent à eux seuls 220 données recueillies soient plus de 55% des indices de présences validés ou non.

Il faut donc constater et cela est flagrant concernant la plaine vosgienne, que les investigations nécessaires ne sont pas menées dans 23 départements sur les 28 que nous avons ciblés. L’officialité relative s’entête encore en 2019 à expliquer qu’il n’y aurait qu’un seul individu entre Haute-Marne, Vosges, en plaine, Meuse et Meurthe-et-Moselle alors que les données classées « invérifiables » semblent expliquer le contraire! 

ANALYSE LORRAINE 2017-2018 BIAIS CERTAINS DANS LES DONNÉES VALIDÉES…

Dans l’hypothèse ou 7 individus sont retenus, ils prélèvent encore, en moyenne et par an 39 domestiques, pour un total sur la période de 18 mois, de 414 domestiques prélevés par le sauvage. Soit 2 fois plus que la norme haute constatée dans cette étude.

Quelle voracité!

Peut-on croire que les données du réseau loup sont fiables dans ces conditions ?


Autres constats :


Les fèces récoltées pour lesquelles les éléments ADN ne sont pas connus (en avril 2019) représentent 13 départements dont certains départements sont concernés par la présence de groupes classés « invérifiable« , soit les 9 départements suivants :

Vosges plaine, Tarn, Haute-Saône, Pyrénées-Atlantique, Moselle, Haute-Loire, Loire, Ardèche et Ain, dont 5 départements (non sur-gras) font partie des départements peu suivis ou non suivis !

Ces 9 départements représentent 27% des victimes domestiques.

Les éléments, éventuellement probants traînent dans les congélateurs ou les informations connues ne sont tout simplement pas publiées.

Peut-on croire que les organes de l’officialité relative font de la rétention d’information ?

 

Diagramme des données empilées 2017/2018/2019…

 

Dans ce diagramme à barre empilée dans lequel les départements ont été choisis strictement au hasard, il est possible de faire le rapport :

-entre le nombre de victimes domestiques et le nombre d’indices visuels retenus,

-entre le nombre d’indices retenus et les effectifs « maxi » non retenus, la probabilité que ces effectifs « maxi » « non retenus » soient toutefois « valides » est donc forte.

-Entre le nombre de données invérifiables et le nombre des victimes domestiques officielles.

On peut donc estimer que les effectifs en groupe, à partir des informations classées « invérifiables » par le réseau loup sont tout à fait valides et probables, comme pour toutes les données classées « invérifiables« .

Invérifiable étant ici le synonyme de « inavouable »?

Le classement « invérifiable » est-il un moyen de ne pas communiquer sur les faits ?

Il y a donc un effet de discordance entre les données classées et le nombre de victimes enregistrées officiellement, entre autres évidences.

 


Les interprétations des données officielles sont-elle valides ?


Le nombre d’intervenants du réseau loup sur ces départements sous suivi « multi-partenaires » est de 303 bénévoles et techniciens. Soit moins de 8% des effectifs. Les moyens humains et techniques ne sont pas mis en place afin de suivre les dispersions du loup. Pour mémoire moins de 1 (0,87) indices par intervenants est obtenu sur le terrain chaque année, en moyenne, par intervenant. Sur le reste du territoire, 0,74 indices est obtenu par intervenant et par an, par plus de 3500 bénévoles du réseau loup et en 2018. Un grand moment de suivi scientifique !

 


Les données du réseau sentinelle :


Il faut constater une quasi absence d’investigation de terrain, en effet :

Nous avons ciblés 25 départements ou les dispersions du loup sont suivies directement par des techniciens de l’Oncfs. (Office National de la Chasse et de la Faune sauvage)

Sur les 25 départements ciblés ou les effectifs retenus, en 2018, sont de 6 individus, 17 canidés supplémentaires, observés, sont classés, « invérifiables », soit 80% des observations visuelles, dont 12 départements ou la présence du loup n’est pas reconnue, en 2018.

Compte tenu des données obtenues sur le réseau multi-partenaire, il faut estimer le nombre de canidés présents à 23 individus, au minimum. Les intervenants sont au nombre de 92, en 2018, soit moins de 2,5% des effectifs nationaux pour un ensemble de 25 départements à suivre. Les chiffres parlent d’eux-même, les données recueillies sont au nombre de 96.

 

Données du réseau d’alerte en 2018…

 


Peut-on croire qu’il est possible de suivre les dispersions du loup en dehors des Zones de Présences Permanentes officielles ?


Il faut noter une contradiction majeure concernant le département de la Côte-d’Or, en effet bien que l’effectif retenu soit de 1 individu on constate que des prédations sur le chevreuil et le cerf sont validées. Ce qui confirme donc que ces validations sont tout à fait possibles. Hors dans la très grande majorité des cas, les proies du sauvage, retrouvées sur sites sont classées « invérifiables ». En d’autres termes ces données ne présenteraient jamais, ou presque, les 50% d’indices de présences nécessaires et attribuables au loup, dans ses comportements de consommation et de mise à mort! Peut-on y croire?

Image d’illustration prédation-consommation du loup sur une biche…

Ces départements représentent 45 prédations domestiques en 2018 et/ou 2019, sur un ensemble de 3 départements pour 3 individus recensés officiellement. Soit en moyenne et par canidé de 10 victimes domestiques, par an.

Il faut conclure que le loup est suivi uniquement dans les communes de France qui font l’objet, en terme de pastoralisme et d’élevage, d’une forte pression de chasse du sauvage. Il faut estimer en octobre 2019 que l’ensemble des départements de France métropolitaine (hors Paris) devrait être suivis de manière intense afin de détecter effectivement les nombreux indices de présences détectables. ( Observations / proies sauvages/ proies domestiques/ empreintes, voies et pistes/ fèces/aire de repos et hurlements correspondants aux groupes) . Alors que de nombreux départements connaissent un faible enneigement hivernal en plaine, il serait donc nécessaire de multiplier les effectifs d’intervenants par 4, au minimum dans les départements qui ont fait l’objet de cette étude !

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