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Ardennes, le loup s’installe sur une zone vitale de 39 000 ha

Le retour du loup dans le département des Ardennes pourrait être traité comme un cas d’école représentatif des processus de dispersion du loup au niveau national.

Entre le moment ou le sauvage engage une dispersion sur un département français où sa présence reste totalement invisible et le moment ou son omniprésence est enfin reconnue, officiellement, il se passe, trop souvent, de nombreuses années. Le dernier département en date et qui a connu cet état de fait est la Nièvre ou personne n’est préparé au retour naturel de Canis lupus lupus.

Les défauts d’analyse des indices collectés sur le terrain, le manque de moyen humain et technique, l’absence de budget et l’omerta en place ne permettent pas d’anticiper sur le sauvage. Dans les départements et régions françaises ou l’élevage ovin et caprin est important, comme Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, cette politique de l’autruche va mener à de nombreuses pertes sur les cheptels dans les 5 ans à venir. Ces pertes pourraient se compter en plusieurs dizaines de milliers de victimes, alors qu’il est tout à fait possible d’anticiper les dispersions du loup, sur le territoire national. Contrairement à ce que dit la rumeur officielle, le loup est tout à fait prévisible.

Pour info:

https://observatoireduloup.fr/2017/09/22/prospective-de-dispersion-du-loup-2015-2018/

 

 


Historique du retour du loup dans le département des Ardennes:


 

La rumeur de la présence du loup dans le département des Ardennes courre depuis le début des années 2000! Cette rumeur, classée comme infondée, bien sûr, il faut toutefois remarquer que le loup est présent officiellement dès 1994 dans le département des Vosges, où il est braconné en toute impunité! Ce braconnage est le fait révélateur de sa présence, deux ans après le retour officiel du loup dans l’hexagone. Peut-on croire qu’il n’y a pas un écart énorme entre les faits « officiels » et les réalités naturelles contenues par un braconnage intense de l’espèce?

Dix ans plus tard il est toujours présent sur ce département de Lorraine, pourquoi n’aurait-il pas disperser à plusieurs reprises dans le département des Ardennes, pour le moins, tout à fait propice, à ce prédateur naturel, le plus souvent invisible, quand il se nourrit exclusivement d’ongulés sauvages? Quand il n’est pas braconné en catimini, faute d’être reconnu!

Le même phénomène a lieu en Seine et Marne (et ailleurs) depuis 2015, sans que les indices récoltés officiellement ne permettent aux pouvoirs publics d’affirmer sa présence. Le loup fait peur aux politiques, moins on en parle, moins il existe! C’est la règle actuelle qui a été mise en place. Cette règle mène l’éleveur aux pertes et le loup au fusil.

Présence du loup en Seine et Marne

« Pourquoi ne nous est-il pas possible d’inventer cette politique globale capable d’éviter les écueils du discours moral et de mettre en avant la nécessité d’un prédateur sur un territoire?  »  je cite Antoine Nochy dans son dernière livre, dont le titre « La Bête qui mangeait le monde » résume à lui seul cette interrogation.

Nous vous invitons à lire ce livre, dans lequel l’auteur explique, que dès 2004, les interprétations de données de l’Oncfs sont fantaisistes, dans les départements du Massif Central.

extrait:

 

Cette politique globale, qui n’a pas été mise en place dans le dernier plan loup, devrait interroger les éleveurs et aussi les associations de défense du prédateur! Nourrir le loup en expliquant qu’il est trop gourmand, sous prétexte qu’il serait resté invisible pendant des années et afin d’obtenir des tirs de destruction qui resteront improductifs, sauf à éradiquer une nouvelle fois l’espèce, mène aux plus grandes désillusions. Il reste peu de temps pour réagir et s’investir sur le sauvage!

 


Des indices, non pris en compte, dans les Ardennes, comme ailleurs…


Le premier fait de présence connu du loup date du 29 mai 2013, il y a presque 5 ans. Un veau semble avoir fait les frais du sauvage, mais comme souvent et particulièrement sur les bovins (budget ou omerta oblige?) les faits sont classés « loup exclu », alors que les techniciens chargés de faire les constats ne sont pas formés à la biologie ou à la prédation du loup.

Alors que le canidé passe dans le département de l’Aisne l’année suivante, tout comme dans la Marne, voisine, ou un loup est braconné en début d’année, de nouveaux indices sont relevés en mars 2014 au nord du département ardennais. Les techniciens concernés sont donc formés en urgence, avant même ceux du département meusien ou selon la presse régional le loup fait rage, alors que sa présence est connu dès mars 2012 dans le centre du département. (relevé de piste et témoin oculaire.)

Toutefois, tous les indices relevés entre 2014 et 2016 sont classés invérifiables, dans le département des Ardennes, alors que certains sont collectés au cœur de la zone vitale actuelle du loup. En exemple, le 24 septembre 2014 sur la commune de « La Neuville-à-Maire », là même, curieusement, où des veaux vont faire l’objet de prédations suspectes en 2016, sans que personne n’en parle officiellement, par ailleurs.

Les faits se poursuivent inlassablement, le loup est aperçu dans le nord du département le 22 août 2016. C’est tout aussi invérifiable! L’animal est en recherche de territoire et après avoir dispersé seul ou pas, sur une surface de 150 000 ha, de manière officiellement invisible, il s’installe sur une zone vitale de près de 39 000 ha à compter du mois de mars 2016 (qui correspond à plusieurs individus), justement où un relevé d’empreintes est fait en forêt non loin d’un indice visuel établi en juillet 2017 entre les communes de Tanay et la Besace.

Le loup s’installe donc alors que les éleveurs de veaux concernés restent encore dans l’attente d’une explication plausible à des faits peu communs.

Depuis ils chassent le chevreuil, il est reconnu que la chasse du chevreuil implique la présence d’au moins deux loups!

Il faut avoir une vision globale du phénomène de dispersion, du loup pour le comprendre!

Dans le département de l’Aisne, la présence du loup en 2017 et 2018, ne fait aucun doute, mais officiellement, il ne se passe rien!

Tout comme dans la Marne, et dans bien d’autres départements de l’Est de la France depuis le début des années 2000.

Les éleveurs ovins qui exercent dans le nord du département des Ardennes devraient être invités à mettre en place des moyens de protection. Chien validés et formés, clôtures électrifiées, aide-bergers, avec les formations et assistances techniques indispensables car la prédation du sauvage est très mal connue des acteurs concernés. La mise en place de ces moyens, compte tenu de l’absence totale d’organisation de la filière chien va prendre quelques années, années indispensables, à l’apprentissage nécessaire, de la mise en protection des troupeaux ovins. La politique actuelle de zonage, cercle 1 ( toutes les aides, versées avec de longs mois de retard) et cercle 2 (démerdes-toi avec le loup),  étant tout à fait inefficace il faut craindre que la politique absurde de l’Etat concernant le retour du loup, dans les années à venir, justifie des tirs de destruction inutiles et improductifs dans le département des Ardennes. 

 


Le loup est installé: une louve est photographiée à plusieurs reprises en mai 2018


Le loup revient souvent sur ses pas et les phénomènes de dispersions sont complexes et prennent de un à cinq ans avant que le sauvage ne s’installe durablement! Rarement seul comme l’affirme la rumeur et rarement immature, comme l’affirme la même rumeur officiellement entretenue par certaines associations par ailleurs.

Il est regrettable de constater, comme en 2014 dans la Marne que le loup est braconné alors même qu’il n’existe pas officiellement, le canidé en a fait l’expérience dans l’Ain et en Dordogne ces dernières années, en autres faits inconnus ou non divulgués. La protection accordée par l’Europe et la France à l’espèce Canis lupus lupus a pourtant pour objet le suivi et le retour naturel du canidé dans toutes les régions de France à moyen terme. (moins de 5 ans)

La louve qui a été photographiée le 9 mai 2018 sur une zone vitale comprise entre Stenay et Charleville-Mézières prouve que le canidé pourrait être mâture. D’après les relevés effectués sur le terrain, et l’analyse des différentes photographies, elle ferait entre 65 et 70 cm au garrot pour une longueur de 110 à 115 cm  de la naissance de la queue, au museau! Un canidé donc qui pourrait approcher le poids de 20 kg, tout au plus. La présence d’une ligne sombre sur les antérieurs confirme que le canidé est de la sous espèce « italicus ».

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Il faut noter que depuis 2016 le loup semble ici assurer son rôle de prédateur uniquement sur la faune sauvage et en particulier le chevreuil. Comme l’atteste cette seconde photographie le canidé chasse et profite largement de ses prédations.


Info de dernière minute:


Selon un professionnelle du réseau concerné le canidé présenté ci-dessous ne serait pas un loup! Cette affirmation laisse songeur quant à la qualité de l’intervenant!

A vous de juger!

 


La zone de dispersion depuis 2013:


Les derniers indices de présence connus ne sont pas sur la carte, pour des raisons évidentes!

Pour ceux qui s’intéressent à la dispersion du loup au niveau national:

Les quatre phases de dispersion du loup en France

France. Pourquoi le loup disperse-t-il?

2 thoughts on “Ardennes, le loup s’installe sur une zone vitale de 39 000 ha

  1. Vous mentionnez sans arrêt ces braconnages, mais jamais sans lien vers un article, ou preuve. Je ne doute pas de votre bonne foi, mais plus de détails sur ces braconnages sont nécessaires.

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