Les quatre phases de dispersion du loup en France


La dispersion du loup sur le territoire national s’est déroulée en trois phases :


Phase 1:

Les premiers individus dispersant de l’Italie voisine ont investi le sud de la France, la Suisse, et l’Autriche depuis l’Italie à compter du début des années 1980. Le canidé était présent dès 1980, en Ariège et en Lozère, en 1981 dans les Pyrénées Atlantique en 1982 dans les Alpes Maritimes et le Vaucluse, en 1987 dans le Var, en 1989 en Haute-Savoie et le Puy de Dôme, en 1990 dans le Jura, le Cantal et les Pyrénées Orientales. En 1994 dans les Vosges. Ces dispersions notoires représentent la première phase de dispersion en rapport avec un retour naturel. Sur la carte ci-dessous il est possible de retrouver d’autres dates. Source : J. Baillon, historien du loup.

 

Phase 2:

A partir de 1992, le canidé s’installe progressivement et de manière importante dans le massif des Alpes. L’espèce se reproduit et engage dès 1995, vraisemblablement, de nombreuses dispersions vers le nord et l’ouest, essentiellement sur des surfaces comprises entre le département du Jura et le massif des Pyrénées, y compris coté espagnol. La Suisse est également investie, le loup est présent en 1994 dans les Vosges. Les flux de dispersion n’ont jamais cessé, le canidé sauvage investissant en priorité les zones de l’hyper-ruralité définie par l’Inra en 2014.Ce qui explique, en partie, son invisibilité officielle entre 1980 et 2005 dans de nombreux départements de France.

La biologie du canidé implique des dispersions dans les espaces à faible population humaine et forte présence de proies vulnérables, accessibles. C’est un impératif biologique à une reproduction fréquente. Ce processus s’est développé fortement depuis 2005, première suspicion confirmée de la présence du loup dans les Vosges jusqu’en 2014, première suspicion de la présence du loup dans le Limousin et en Poitou-Charente. Présence qui fait l’objet du déni habituel dans le département de la Vienne depuis quelques mois.

En comparant la carte de l’hyper-ruralité avec la carte de dispersion publiée par l’Observatoire du loup, il faut constater que les correspondances sont troublantes. Cartes publiées en 2014.


Légende :


EN VERT : « Sous surveillance » : Départements avec présence aléatoire possible du canidé.
EN ROUGE : « Sous dispersion » : Départements où le canidé disperse avant de s’établir définitivement. ( 1 ou + )
EN ORANGE : « Sous flux de dispersion permanent » : Départements où le canidé est établi et se reproduit.
EN GRIS : « Sous dispersion probable » du loup gris européen d’origine allemande (Canis lupus)
EN BLEU : Départements où l’absence du canidé est certaine.

La carte publiée ci-dessus (données de 2014) présente une limite de colonisation qui s’étend des Ardennes jusqu’aux Hautes-Pyrénées. Cette limite correspond de manière formelle à la définition des bassins de vie hyper-ruraux présentés à la page précédente.

 


Depuis 2013 la colonisation de l’espèce s’oriente vers de nouveaux départements. C’est la phase 3.


En comparant les cartes présentées dans les pages suivantes, il est possible de déterminer, une possible corrélation entre la présence d’effectifs ovins élevés sur des territoires à faible population humaine dont les plus grandes surfaces sont comprises entre 200 et 1000 mètres d’altitude. Aires de repos et d’isolement indispensables à la reproduction du canidé.

Une superposition approximative des cartes de dispersion de l’Observatoire du loup, des effectifs de brebis (viande) datée de l’année 2000 et des reliefs permet de visualiser certaines corrélations possibles et envisageables. Le croisement des données officielles et non officielles permet d’établir une prospective de dispersion fiable à court et moyen terme. L’anticipation est indispensable !

 


La carte ci-dessous présente un report des cantons ou les effectifs ovins sont proches de 30 000 têtes de bétail, pour plus de compréhension. Sur la base d’une carte de dispersion de novembre 2016.


 


La carte suivante présente le relief.


 


La superposition de l’ensemble des cartes :


Cette carte est établie sur la base des données cumulées de dispersion de novembre 2016.
En janvier 2017, le département de la Gironde est passé « sous dispersion », de couleur rouge.
Voir le lien suivant :

http://www.observatoireduloup.fr/carte-de-dispersion-du-loup-en-france/

 


Phase 3


La phase 3 est vraisemblablement engagée depuis l’année 2013. Dans les départements de l’Aisne, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Meuse et de l’Essonne, des Yvelines, de l’Oise et dans les départements de la région Centre et du sud-ouest. Tout comme en Belgique. (liste non exhaustive)
Les zones les plus favorables à l’installation du canidé sauvage – hyper-rurale, à forte présence ovine et en zone de relief comprise entre 200 et 1000 mètres- étant largement investies, les dispersions actuelles et futures s’opèrent et vont s’opérer conjointement, sur les surfaces forestières qui abritent des effectifs importants d’ongulés (chevreuil, cerf, daim, sanglier) et les quelques départements ou la présence ovine est forte. Alors que les dernières aires géographiques disponibles (hyper-rurale, à
forte présence ovine et en zone de relief comprise entre 200 et 1000 mètres) seront dispersées dans les 36 mois à venir.(première publication janvier 2017, soit au plus tard au printemps 2019)

Les cycles de dispersion qu’il est possible de comparer au flux et reflux d’une marée montante, prendront au plus 10 ans, avant que le canidé ne soit installé en groupe sur l’ensemble des territoires ou les conditions sont les plus favorables.

 


En présentation ci-dessous, une carte de dispersion prévisionnelle au 30 janvier 2018. En 2020,
le canidé aura repris pied en région Bretagne.


 


Il faut noter que sur cette carte de dispersion le département de la Gironde est de couleur bleue, attestant que les prévisions de dispersion établies par l’Observatoire du Loup sont parfois sous estimées en terme de délai. Au 19 janvier 2017, le département de la Gironde est investi par le loup, au titre de la phase 3. La dernière phase étant la phase 4.

 


Phase 4


La phase 4 va voir le loup s’installer dans les dernières niches d’espace disponible, ou les installations en meute seront peu fréquentes. Ces territoires seront les derniers investis. Exemple : le département du Nord ( hors zones forestières du sud du département) et vraisemblablement ceux situés dans l’ouest de l’hexagone. La Normandie sera probablement la prochaine région à passer sous surveillance à l’Observatoire du loup. Il faut noter que le loup d’origine polonaise, fortement établi en Allemagne disperse vraisemblablement en Lorraine, Alsace et en Belgique depuis 2015. Le chacal doré disperse de Suisse à travers le Jura. Son avancée, très à l’ouest du département du Jura depuis 2015 est probable et connue depuis 2014.

 


Les pistes de solutions en rapport avec la dispersion du canidé sauvage au niveau national :


Introduction :

Ce qui s’est développé dans les départements du sud-est ne correspond pas à la problématique de la dispersion du loup en dehors de l’arc alpin. Les troupeaux transhumants, non originaires des départements alpins investissant chaque année, des zones de présence du loup, même à des altitudes élevées ( plus de 2000 mètres.) il est nécessaire d’avoir deux approches totalement différente. Dans les Alpes, une forte implication de l’État et des Régions sur les moyens de protection mis, ou à mettre en place en totalité, en particulier humains. Un troupeau sans surveillance humaine, la nuit et en estive est une cible facile d’accès pour le canidé sauvage. Le pâturage libre et la pratique de la «couchade libre » doivent être encadré, de nuit, par des ressources humaines. Une forte expérimentation de l’État et des Régions sur de nouveaux moyens de protection techniques simples, facile à mettre en oeuvre semble indispensable. Les chiens de protection devraient être habilités officiellement, par un organisme totalement indépendant.

Les tirs actuels et passés, dans le sud-est, ont déjà engendré des cascades de dispersions vers le nord et l’ouest.

Pourquoi le loup disperse-t-il?

https://blog.defi-ecologique.com/dispersion-du-loup/

https://blog.defi-ecologique.com/loup-disperse-partie-2/

Les prélèvements qui en découlent, sur les domestiques, sont en forte augmentation dans la Drôme en 2016. En 2017 le département de la Drôme et le département de l’Ardèche vont subir les conséquences de tirs anarchiques et irréfléchis, exercés depuis 2014. Va-t-on pousser le loup dans les départements suivants : Loire, Allier, Puy de Dôme, Cantal, d’une part et la Saône et Loire, l’Ain, d’autre part, là ou des effectifs de Canis lupus dispersants favoriseront la fondation de nouvelles meutes, très rapidement ?

Concernant la forte dispersion du loup dans les régions de France (hors arc alpin), le premier impératif à la prise de conscience est la transparence la plus complète. La politique actuelle consiste à nourrir le loup en expliquant, par la suite, qu’il est trop gourmand. Cette politique absurde conduit à de nombreuses prédations et au mécontentement général. Les nombreuses pistes de solution restant à déterminer et à mettre en place, un groupe de travail permanent et à forte autonomie, de personnes fortement motivées à la recherche de solutions pérennes, techniquement compétentes dans de nombreux domaines et en dehors de tous les conflits d’intérêts habituels néfastes, devrait être mis en place au plus tôt !

 


Les pistes de solution :


Informatives :
Supprimer le devoir de réserve des techniciens de l’Oncfs et instituer le devoir d’information.
Demander aux préfets de publier dans leur intégralité les compte-rendus annuels ou bi-annuels des
comités loup, dès qu’ils sont mis en place.
Ouvrir et regrouper toutes les bases de données de l’Oncfs, au public.
Informer, les éleveurs et le public, en temps réel, de la présence du loup, qu’elle soit probable, possible ou certaine dès que les faits sont détectés. Inciter à rentrer les bêtes, la nuit, pendant une période courte, si cela est possible (1 à 6 jours, en fonction des données connues)

La suite:

https://observatoireduloup.fr/2017/09/14/les-pistes-de-solutions-en-rapport-avec-la-dispersion-du-loup-au-niveau-national/

 

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