Le Comportement de dispersion du loup

Le loup, Canis lupus lupus, ne se déplace pas de manière aléatoire.

Très peu d’obstacles naturelles ne sont pas franchis par le loup. Les grands axes routiers du territoire national ne représentent pas non plus une contrainte forte sur les déplacements du canidé. Certaines voies navigables ne peuvent être franchies sans la présence de pont, en particulier les canaux construit par l’homme. Ou la présence de glace à la surface de l’eau.

Le loup dispersant en « triangulant », -ce terme n’étant pas tout à fait exact, puisque le canidé ne se contente pas d’une simple exploration du paysage en formant un triangle, plus ou moins parfait- il ressort qu’un azimut de déplacement implique d’autres azimuts futurs répétitifs, qui s’orientent de manière de plus en plus précise au fur et à mesure que les cycles de déplacement s’enchaînent. Le nombre de cycles est vraisemblablement, toujours inférieur à 10.


Explications:


Il est possible de dire qu’un déplacement, dans une direction précise, introduit une notion de finalité, les limites de franchissement du paysage emprunté par le loup, poussant à des dérives, compensées au fur et à mesure du déplacement. Par ailleurs, il est probable, que, quand le canidé est installé en meute forte, hors reproduction, le départ et l’arrivée de l’exploration, de la zone vitale soient proches. Un lieu de rendez-vous habituel est vraisemblablement placé à proximité du lieu de départ et d’arrivée, voire, d’une tanière.

La zone vitale faisant par ailleurs l’objet d’aménagements, d’expansions ou de retraits, dictés par la présence, la concentration et les déplacements des proies sauvages, des prédateurs en présence, de l’anthropisation des milieux, d’une activité humaine, non compatible avec le loup (chasses en battue répétées, par exemple), d’une nouvelle activité humaine forte, de la possibilité de trouver des lieux de repos et de naissance, de la météorologie en générale, de tentatives de braconnage, de périodes de tirs engagés par les préfets sur une zone déterminée. Cette liste de critères est bien-sûr, incomplète.

L’étude est basée sur le développement d’analyses statistiques représentées sous la forme de graphiques ou d’une schématisation des déplacements en fonction d’une collecte d’azimuts de déplacement.

Il n’est pas question, ici de donner des orientations générales précises mais bien d’aborder certains comportements pour le moins surprenants et mal connus, en décrivant quelques exemples, non exhaustifs.

Toutefois, quand le loup prend un azimut franc tel que le Nord ou l’Ouest, par exemple, la probabilité que le canidé change de secteur de chasse est extrêmement forte. Il peut également suivre ce type d’azimuts pour explorer un secteur de chasse en cour d’ « exploitation ». Il faut noter, que certains azimuts francs impliquent des tendances fortes, de réalisation de déplacement, induites. Par exemple, quand le canidé disperse franchement vers l’Est, la « tendance » à la dispersion vers l’Ouest de son point de départ est très forte. Dans plus de 70% des cas observés, le loup est présent à l’Ouest de son point de départ, quant il a axé son déplacement, franchement, vers l’Est.

Un déplacement vers le Nord, implique la présence du loup au Sud, du point de départ dans plus de 80% des cas étudiés. De même les azimuts intermédiaires, comme le Nord-ouest ou le Sud-est induisent également des dispersions prévisibles, la plupart des choix intermédiaires arrivant dans un même secteur de chasse ou de dispersion.

Il y a donc une finalité ou un but précis, le plus souvent, à un déplacement du canidé, seul ou en meute. Il est même possible d’affirmer que certains azimuts expliquent l’absence du canidé dans telle ou telle direction, dans tel ou tel lieu et cela quasi systématiquement. Exemple, dans un déplacement vers le Nord-ouest, on ne retrouvera jamais le loup au nord ou au sud, du point ciblé, suivant le point de départ, du premier cycle de déplacement. Il est donc possible dans certains cas de déterminer la présence simultanée de deux individus, ou plus sur une même zone vitale.


Exemple simple :


Dans ce cas précis, la dispersion engagée se retrouve le plus souvent à l’Est du point d’arrivée du premier cycle. Probabilité de réalisation 65%. Il est donc possible de prévoir les déplacements du loup, avec une certaine fiabilité.

Il est donc aussi nécessaire d’intégrer la géographie exacte du terrain concerné par le déplacement du loup, pour affiner une tendance. Le loup passe par les crêtes et les bas-sommets de plaine, contourne les lacs, il est possible que la position du soleil ou de la lune ait une certaine importance.

Quelques statistiques :

Exemple d’une dispersion complexe, partielle, schématisée (probabilité)

D’autres données ici:

http://www.buvettedesalpages.be/2014/01/la-dispersion-du-loup-dans-le-nord-est-de-la-france.html

 

Dispersion du loup : quelques constats. (Partie 1)

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