Petite Histoire passée du loup en Bretagne

Vers le milieu du 19éme siècle il est reconnu que loup abonde encore dans les « montagnes » de Bretagne. On explique même que pour se débarrasser du loup il faut d’abord se débarrasser des landes et des bois afin de pouvoir le déloger plus facilement. Ce mode de pensée obsolète prévalait déjà dans toutes les campagnes françaises dès le 18éme et la gestion des espaces forestiers a fait l’objet de nombreuses réformes depuis. En 1850 le loup est donc « comme chez lui » dans les landes et bois bretons. Les derniers tirs de loups dans les landes de Lanvaux en Morbihan, par exemple, datant de 1914. La toponymie bretonne est par ailleurs riche de lieux et de références à ses présences nombreuses. Cette toponymie nous permet de penser que les hommes connaissaient parfaitement les habitudes du loup et le croisaient fréquemment.

Quelques références:

Hucheloup en forêt de Paimpont (Ille-et-Vilaine) lieu ou le loup hurlait est plus sûrement un lieu de passage fréquent du canidé, pour lequel les paysans devaient alerter sur sa présence. Hucher était aussi une pratique courante lors des battues aux loups. Le lieu est répertorié depuis 1630.

Le Bois du loup se situe plus au sud coté morbihannais, là ou une ruine porte encore ce nom.

La fosse au loup située au sud-est de Quintin (Côtes d’Armor) est vraisemblablement en rapport avec la présence d’un piège à bascule ou d’une louvière.

Loup Pendu, ce lieu dit est très fréquent à l’est de Dinan (Ille-et-vilaine) et il existe également en forêt de Paimpont, au nord de la commune. Il est en rapport avec la pratique fréquente du piégeage sur l’espèce. Une variante existe avec La Croix du loup pendu au sud-est de la commune de Bouëxière (Ille-et-Vilaine). Un loup y aurait été pendu après une chasse en battue. On trouve encore en référence la Chapelle Saint Loup au nord-est de Plounérin qui semble être en rapport avec une coutume locale ancienne. La vallée du loup pendu est référencée sur le camp militaire de Coëtquidan.

La Curée au loup et encore La Chambre au loup (Ille et Vilaine) sont en rapport avec la chasse à cour et un lieu de refuge du canidé sauvage (une grotte, selon la légende?).

La Lande du Chêne au loup est située sur la commune de Plélan (Ille-et-Vilaine).

Gratte-loup, en forêt de Loudeac, est en rapport avec le marquage exercé par le canidé sur la circonférence de la zone vitale sectorisée qu’il a pour habitude d’investir chaque jour, par des déplacements fréquents et ordonnés. Tout proche se situe Bout Es Loups. Ce nom est vraisemblablement en rapport avec la pratique de la chasse sur l’espèce.

En langue bretonne les lieux sont tout aussi nombreux en particulier dans le département du Finistère.

Creac’h-ar-Bleis, littéralement « hauteur » du loup, donc en rapport avec la géographie des lieux, au sud de Plouvorn (Finistère) est placée sur la commune de Guimiliau. Curieusement l’altitude de ce lieu est de 130 mètres, ce qui ne correspond pas forcément à la biologie du canidé mais plus vraisemblablement à une aire de repos occasionnelle. Krec’h ar bleiz sur la commune de Bulat-Pestivien évoque un même lieu de repos.

Toul Bleiz se retrouve non loin des gorges de Daoulas, sur le plateau. Mais aussi au sud de Querrien

en Finistère sud. Le trou du loup est en rapport avec le piégeage de l’espèce (piège à mâchoires et fosses diverses). Au sud de Plounéventer, deux terrains de culture sont répertoriés dans les cadastres napoléoniens du manoir de Brezal. Le lieu existe aussi sur la commune de Plouvien située dans la pointe finistérienne, au nord. Mais aussi au sud du Finistère , non loin de la commune de Quimperlé. Et également sur la commune de Pleumeur-Bodu au nord de Lannion (Côtes d’Amor), traduisant la forte pression de chasse sur le loup en Bretagne depuis des temps reculés.

Feunteun-ar-Bleiz, la fontaine du loup, plus à l’ouest, non loin des plages, au sud de Ploudalmezeau est le point le plus à l’ouest connu. Il est remarquable de constater que la grande majorité des lieux, en nord Finistère se retrouvent sur un axe central qui se prolonge jusqu’à Saint Brieux attestant que le canidé sauvage investissait déjà les lieux les moins peuplés de l’est vers l’ouest tout en descendant des reliefs des Monts d’Arrée par exemple, jusqu’en bord de mer. Ce qui n’est plus possible au 21éme siècle, l’anthropisation du bord de mer en Bretagne étant extrêmement forte de nos jours. On retrouve la même toponymie dans la Creuse et en Lorraine (la Fontaine du loup)

La Garenne du loup (Goarem-ar-Bleiz) se retrouve au nord de Quimper mais aussi au nord de Châteauneuf-du-Faou. Le lieu peut situer une tanière .Le loup peut se contenter de lagomorphes en guise de repas si il est isolé ou dans l’incapacité de chasser de grosses proies. Il existe un Koat ar bleiz (le bois du loup) sur la commune de Kernoble (Côtes d’Armor).

Malgré qu’il soit un excellent nageur le loup emprunte encore et empruntait jadis les voies des hommes pour se déplacer. Ainsi de très nombreux Pont du Loup existent en Bretagne. Au nord de Ploudalmézeau, à Tréouergat, par exemple. On situe un Rhun ar bleiz, La rencontre du loup dont l’origine galloise est probable sur la commune de Guerlesquin et un Reun ar Bleiz à Spézet qui a probablement la même signification.

On retrouve la Rue ar Bleiz sur la commune de Lanrivoaré. Il est connu de tout temps que le canidé sauvage, tout comme le renard traverse les villages et les zones périurbaines de nuit pour retrouver ses aires de repos ou encore faire les poubelles, éventuellement pour se nourrir de carcasses domestiques laissées à l’abandon aux abords des fermes d’élevage, dans le passé et encore de nos jours en zone de montagne. Roc’h ar bleiz (la roche du loup) se retrouve en bord de mer en face de l’Ile de Batz. La dispersion du loup jusqu’en bord de mer laisse entendre que les effectifs de canidés étaient peut-être plus importants que ce que nous expliquent les historiens bretons du 21 éme siècle.

Le ruisseau du loup, la marre aux loups, le carrefour de la marre au loup sont autant d’endroits ou on avait l’habitude de croiser le sauvage autrefois. (liste non exhaustive)

La guerre faite au loup :

Dans les faits relatés au 18éme siècle sur les raisons de la destruction du loup il ressort que cette pratique de chasse intensive avait pour but, en premier lieu, d’assurer la subsistance du bétail par un accès varié à la nourriture et encore d’assurer une qualité biologique aux chevaux et poulains en relation avec les productions concurrentes anglaises et espagnols. La qualité de la laine était aussi un impératif. Les bêtes en bergerie ou en enclos restreint ne permettant pas de produire des laines suffisamment blanches. Cette traque faite au loup était donc avant tout économique.

Au 18éme, en Bretagne, l’administration pousse à l’utilisation de poisons à base de plantes et graisses animales, de louvière et de piéges avec appâts. Toutefois concernant les poisons, en dehors de la strychnine, de nombreuses substances réputées mortelles ou vénéneuses ne parvenaient qu’à indisposer le loup momentanément.

Communes concernées par l’utilisation des poisons :

Ancenis, Blain, Châteaubriant, Le Faou, Fougères, La Guerche Josselin, Machecoul Montauban, Pontivy, Pont l’Abbé, Quimper, Quintin, Redon, Rennes, Rhuis, La Hoche-Bernard, Saint-Aubin-du-Cormier, Vitre, Lamballe, Nantes, Morlaix, Brest, Landerneau, Antrain.

Fin 18éme on commence à parler de prime au loup afin d’inciter les paysans à la destruction du canidé. (demandes émanant des communes comme Landernau par exemple) afin « d’engager les citoyens à faire tous leurs efforts pour délivrer le pays d’animaux classés nuisibles. »

En avril 1774 il était versé jusqu’à 100 livres, pour la destruction d’une louve en pays de Concarneau. Ce qui équivalait à environ 800 euros de nos jours.

Sous le Directoire l’administration prescrit des chasses et battues tous les trois mois en présence d’au moins une centaine d’hommes. Des gratifications sont attribuées pour compenser les frais engagés.

Début 19éme : l’administration réorganise la louveterie et le versement de primes au loup. Elle distribue des imprimés aux louvetiers. Les primes versées sont de 18 francs pour une louve pleine, 13 francs pour une louve non pleine, 12 francs pour un loup adulte et 6 francs par louveteau pris à la tanière pratique très courante dans toute la France à l’époque. Le salaire journalier d’un ouvrier agricole est de 1 franc en 1806.

Il est reconnu déjà à l’époque que les battues aux loups n’ont pour seul résultat probant que de déplacer les groupes. On recommande alors l’utilisation de la noix vomique (poison). La qualité des interventions des louvetiers, déjà à cette époque, est largement mise en doute.

A partir de 1830 : les battues aux loups sont moins fréquentes.

Comportements et mœurs du loup remarqués en Bretagne et ailleurs :

En premier lieu il faut prendre en compte le phénotype des canidés présents. On décrit à l’époque des bêtes au poil gris mêlé de noir, blanchâtre sous le ventre à la tête large aux dents « grosses » et longues (crocs) et aux oreilles courtes et droites. L’animal est « haut à l’épaule » plus robuste qu’un « berger allemand » chien bien connu dès cette époque par les populations locales. Au cou fort et qui peut atteindre les 60 kg. Aux antérieurs très robustes, le loup est un trotteur, je cite :

«  Sa détente au galop « est très puissante, il saute presque aussi bien que le cerf… et ceci « en portant du poids […]. La tête est très large au sommet… le « museau assez étroit et très allongé se termine par une truffe noire « et saillante… La gueule est très largement fendue, montrant un « râtelier impressionnant de quarante-deux dents… L’œil est doré. « cerclé de noir, assez grand, mais beaucoup plus oblique que chez le chien. La queue, touffue, pend jusqu’aux talons (jarrets). Pelage fauve gris jaunâtre mêlé de noir, « plus clair dessous, variable suivant les individus, lieux, saisons et âges. Les loups du nord ont le poil plus fourré, plus long, plus « rude.»

En tout état de cause on nous décrit ici le loup gris européen vulgaire.

En 2018, les dispersions du loup vers l’ouest sont le fait de la sous-espèce « italicus » plus modeste en taille et en poids. En terme de saut, au galop, nous avons relevés des espaces de 3m50 entre les voies sur des individus de souche italienne.

Il existe aussi des loups blancs assez rares et vraisemblablement de la sous-espèce Canis lupus arctos » dans les contrées bretonnes.

Il est remarquable de constater -et les faits relevés sont en rapport direct avec une forte pression de chasse- que des individus hybridés existaient en nombre, ces animaux croisés aux têtes de dogue, oreilles tombantes, tachetés de blanc ou de noir « hantent » les campagnes selon les témoins de l’époque.

D’autres sont «  plus beaux et les plus grands et ont une teinte générale fauve clair, avec les épaules et les cuisses rougeâtres… Ils ont souvent une véritable crinière sur les épaules; d’autres sont assez petits, noirâtres, à tète ronde et courte; ils passent pour être plus méchants »

Concernant sa reproduction :

«  L’accouplement, selon presque tous les auteurs, n’ayant lieu qu’une fois par an, à la fin de l’hiver ou aux premiers jours du printemps; mais d’autres disent : à toute époque.» Naissance 3 à 9 louveteaux »

« ce sont les femelles qui appellent les mâles, et au besoin vont les chercher ».

Le rut avait lieu en janvier et février et durait environ 5 semaines. Ce qui laisse entendre que des naissances étaient possibles jusqu’au mois d’Août voire exceptionnellement en septembre. C’est encore vraisemblablement le cas au 21éme siècle. Le 22 mars 1793 une louve en chaleur est tuée dans la région de Rennes. Le 22 juin 1801 trois louveteaux d’environ 9 jours (encore aveugles donc) sont détruits également.

Globalement dans la littérature ancienne les naissances connues courent sur une période importante couvrant février à septembre.

Les jeunes sont louveteaux jusqu’à six mois; louvarts de six à dix mois; ensuite, ils sont dits jeunes loups, vieux loups, puis grands vieux loups.

Il est reconnu que les loups se dispersent en été pour se regrouper à l’hiver. Dans les faits on constate des « sorties » d’individus matures (mâle et femelle) ou non à l’automne et au printemps, de nos jours. Le canidé parcoure des espaces très vastes, comme en 2018. Il est donc difficile à suivre sans moyens technologiques importants et sans investissement humain très fréquents sur le terrain.

« Après la période de reproduction, les loups se réunissaient en bandes de cinq à six, rarement en France, jusqu’à vingt. »

La longévité estimée est de 10 à 20 ans à l’époque. On parle de moins de 10 ans aujourd’hui ce qui assez étonnant, voire totalement inexacte puisque les conditions d’accueil du loup de souche italienne sont nettement plus favorables en France, qu’à cette époque reculée, en Bretagne. Les campagnes se vident de leur population humaine, le gibier est omniprésent et la production ovine viande pour laquelle aucun moyen de protection des troupeaux n’est mis en place permet au loup de se nourrir sans effort, au besoin !

La communication :

«Les moyens d’intercommunication sont nombreux : auditifs ; visuels ; et olfactifs… odeur des organes génitaux et des excréments. Les diverses positions de la tète, des oreilles et de la queue ont une signification précise… les « expressions du loup » reproduisent celles de la timidité, de la menace, du soupçon, et aussi les mouvements de la queue indiquant l’assurance de soi, la menace, l’intimidation, la soumission active, une forte gène… »

Origines :

Je cite :

«…Ce sont des bestes de passage, qui viennent de loin, comme « de torest d’Ardenne et autres grandes forests… Les loups parcourent en plaine plusieurs cen-taines de lieues. Ils marchent la nuit et ne s’arrêtent au jour que « lorsqu’ils trouvent où se cacher… Un vieux loup quitte souvent sa région et pique droit en « avant vers une forêt éloignée faisant une pointe de douze on même « de quinze lieues, dans le but de se débarrasser de ceux qui le « poursuivent, moyen stratégique qui lui réussit trop souvent. »

«Infatigable, il peut, dit-on, parcourir 160 km. en une nuit, d’un trot soutenu et régulier. »

Cette dernière donnée fait partie des exceptions, en période de traque, à l’époque. Il faut noter que sur un azimut franc le loup se déplace de 6 km, en moyenne par jour, et au maximum de 20 km, sur un parcours triangulé qui représente pour le moins 60 kilomètres effectués entre le milieu de l’après-midi et l’aube, généralement. Lorsqu’il est dérangé le canidé peut augmenter fortement ses temps de déplacements. Quand il est au calme, on le retrouve souvent la même semaine de l’année, au même endroit.

Le nombre de loups :

Aucun recensement n’a jamais eu lieu, ni en général ni localement mais le nombre était certainement très élevé au 16éme et 17éme siècle, voire au début du 19éme encore !

« La ville de Quimperlé est entourée de bois taillis… qui contiennent des loups en quantité… plusieurs gentilshommes se sont réunis… et sont parvenus à en tuer quarante deux, sans y comprendre plusieurs que l’on n’a pu avoir. Ceci est à la connoissance de toute la ville et seroit atesté par un certificat général s’il étoit nécesaire » Ce texte est daté de1785.

Les lieux de vie du loup en Bretagne :

Bien-sûr le loup n’est pas un animal dévoué aux montagnes, tout au contraire, il semble préférer les bocages et petits bois en Bretagne.

«Le loup serait originellement un animal plutôt steppique, en Bretagne les loups ne séjournent jamais dans les grandes forêts comme Paimpont. Ils préféraient les petits bois d’alentour, et surtout les ravins fourrés de grands ajoncs impénétrables. C’était toujours là qu’étaient les liteaux. Les forêts très inégales par l’étendue et l’importance… Ils y figurent en bonne place : sans que le moindre doute soit possible, elles donnent refuge, en toutes saisons, à des loups, à des louves, accompagnés, à la fin du printemps et en été, de louveteaux ; grands et petits ( ce qui sous-entend des reproductions multiples sous pression de chasse), les fauves y sont tués, piégés, capturés au liteau, par des hommes de la lisière ou des clairières. Dans les Etat[s] des primes… pour la destruction des loups, ce sont les communes forestières proprement dites et celles qui avoisinent les forêts qui, par le nombre des chasseurs et des bêtes détruites, viennent en tète. »

Les forêts d’Araize , de Bourgouet, de Chevré, de Coulon, de Fougères, de Haute Sève, de la Guerche , de Liffré, de Miniac, de Paimpont, du Pertre, de Rennes, de Tanouarn, du Teil, de Teillay , de Villecartier sont concernées par la présence du loup à l’époque décrite.

« Mais on y voit figurer bon nombre d’autres dont les noms suggèrent plutôt des paysages de taillis et même de bocage, ces taillis, ces bocages où il semble, à la lecture de nos textes, que les loups ne se soient pas déplu. »

Toutes ses aires ainsi nommées représentaient certainement des aires de repos habituelles et des points géographiques ou il était possible aux canidés de se retrouver et de se désaltérer après avoir ingurgité de fortes quantités de viandes ou d’os.

« …en haute Bretagne, voici, presque aux portes de Rennes, les bois de Seuve dits aussi de Vern, encore existants entre les communes de Chantepie et de Vern, où les fauves élisaient domicile, au temps du Directoire et du Consulat et dans le bassin de Rennes encore, situés en la commune de Bruz et aux bords de la Vilaine, les bois de Cicé. Voici, au pays de Fougères, les bois taillis de Monbelleux, de la Regrette, de Montloyer et de la Jalaine, que les loups fréquentent, certain automne, et en nombre; au pays de Dol, très près de la baie du Mont-Saint-Michel, le bois de la Renaudière où, à la fin de l’hiver 1799-1800, est abattu un loup. Et, dans les alentours de Vitré, sur les communes d’Argentré, Balazé, Dourdain, Erbrée, Etrelles, Marpiré, Saint-Germain-du-Pinel, tant d’autres bois où ont lieu des chasses particulières couronnées de succès, et de fructueuses battues. Quant aux terroirs situés entre Rennes et Redon, le long de la Vilaine, trois chasseurs qui, à la fin de la monarchie de Juillet, sollicitent l’autorisation de chasser les loups, signalent des communes… remplies de bois très fourrés [où] nous ne pouvons manquer d’en trouver un grand nombre. L’idée peut venir à l’esprit que tous ces bois n’étaient pour les fauves que des relais utilisés par eux au cours de leurs fréquents déplacements d’une forêt à l’autre et que, quand l’homme les y trouvait et tuait, c’était grâce à une vigilance incessante, saisissant à propos le moment, et presque l’instant de leur passage. Mais plusieurs de nos textes établissent solidement la présence à demeure du loup et de la louve dans ces bois, puisque des louveteaux y naissaient et y étaient détruits. Mieux encore : un passage d’une lettre officielle donne à penser que l’animal, vers la fin du printemps, et dans la première partie de l’été, annexe au domaine qu’il s’approprie par instinct, non seulement ces étendues au sol pauvre, à la végétation ingrate et sauvage, qui portent des noms divers suivant les pays et dont quelques-uns ont cours en haute Bretagne : ajoncs, ajonnières, brandes, bruyères. genetières, grées, janaies ou janières, landes…, mais encore, la saison le permettant par la croissance des plantes cultivées, la nature aménagée par l’homme : « Quelques battues faites par les paysans ont été inutiles, parce qu’elles sont mal dirigées, et par ce que les bois, les genêts, et même les céréales, servent de refuge aux loups. »

Il est connu que le loup est souvent débusqué pendant les moissons, maïs, colza et autres cultures servent effectivement de refuge provisoire aux meutes ou aux individus isolés.

Par contre la fin de l’automne semble propice au retour du canidé dans les forêts et de vieux loups semblent ne pas avoir de refuge bien déterminé. Il arrive parfois que des individus âgés vivants à l’écart de groupes et profitant des chasses de la meute, suivent de loin leurs congénères sans jamais se reproduire. (exemple sur plateau de Canjuers dans le Var)

On souligne dans la littérature ancienne que des feux étaient allumés, la nuit « …à tous les carrefours des routes, entre Carhaix, Callac, Gourin, Rostrenen, et autres petites villes du voisinage, pour préserver les troupeaux et même les chiens… »

http://broceliande.brecilien.org/Les-derniers-loups-de-la-foret-de-Paimpont

3 commentaires sur “Petite Histoire passée du loup en Bretagne

  1. Bonjour

    Pour avoir un aperçu réel de ce qu’était la chasse au loup dans le centre-Bretagne (région de Carhaix), au XIXe siècle, il y a l’excellent livre de Franck Davies :  » Chasse aux loups et autres chasses en Bretagne  » aux éditions des Montagnes Noires.

    Quelques « coquilles » à l’intérieur mais rien de bien méchant.

    Sinon pour ceux qui pousseraient jusqu’à venir nous voir, au bout du monde, il y a le musée du loup au Cloître-saint-Thegonnec : http://www.museeduloup.fr/

    Kenavo

    Arlan

  2. Mon arrière grand-mère née en 1879, me racontait qu’enfant pour aller à l’école matin et soir elle traversait la Forêt de Paimpont en sabot et que pour faire fuir les loups qui la suivaient elle retirait ses sabots pour les entrechoquer et faire du bruit. quand il faisait nuit l’hiver le matin et le soir elle pouvait voir les yeux des loups (près du château de Comper à Concoret, et le Lac de la fameuse fée Vivianne).

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