Analyses spatio-temporelles des prédations du loup dans les Alpes entre 2015 et 2016

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L’élevage du mouton devient peu à peu une « économie d’échelle ». Les prédations du loup explosent !
Pourquoi, comment, où ? Avant de parler, solutions, parlons des conditions.
« La politique de certains éleveurs, dont le nombre peut être estimé à une centaine à peine, plombe complètement les statistiques de prédations du loup. Une centaine qui détient les grands troupeaux et les solutions aux grandes prédations du loup ! Le manque de moyen de protection des troupeaux en question est une des explications, chez des éleveurs qui font du mouton une « économie d’échelle » couverte, hors assurance, par les indemnisations des pouvoirs publiques et de l’Europe. La seconde est l’anarchie qui règne en terme de tirs de destruction du loup. La dernière est le manque total d’anticipation en plaine.

 


La situation au niveau national en 2016 :


En France en 2016, 1 313 éleveurs ont subi les prédations du loup. Le nombre de constat annuel est de 3 à 4, en moyenne, par exploitation impactée, pour un total de 70 197 élevages ovins répartis en 5 642 laitiers et 64 278 allaitants.
Seuls 19 787 éleveurs sont détenteurs de plus de 50 brebis (brebis : femelle ayant agnelé).
Le cheptel ovin représente 7 200 000 têtes de bétail.

En 2015, 4 636 constats pour 7 299 victimes ovines sont enregistrés, pour 7 763 victimes au total.
En 2016, 4 767 constats pour 7 976 victimes ovines sont enregistrés, pour 8 519 victimes au total.

Les 19 787 éleveurs ovins précités se partagent la grande majorité des prairies ou estives concernées par les prédations du loup à moyen terme (dispersion du loup sur l’ensemble du territoire dès 2025).
Il ressort sur un sondage représentatif et effectué sur une centaine d’éleveurs que certains exploitants ovins placent leurs troupeaux sur un maximum de 11 départements. Comme l’éleveur de plaine qui allotie son troupeaux, certains éleveurs allotissent sur un grand nombre de départements. Entre 1 et 11 départements sont ainsi investis par un même éleveur.

Une industrialisation de l’estive avec une prise de risque maximale :

Il semble que certains éleveurs, qui subissent un maximum de prédations du loup, sont ceux qui prennent le plus de risque, sous couvert des indemnisations versées par l’État.

Ainsi notre échantillon de 100 éleveurs a subi, en 2015, 464 prédations du loup (attaques selon le terme employé par l’administration) pour un nombre de lots de 285 unités, soit 1 ou 2 prédations du loup, pour chaque lot de moutons. Le plus faible rapport étant de 1 constat de prédation pour 1 lot, le plus fort rapport étant de 36 constats de prédations pour 11 lots (11 départements dans ce cas).

Il ressort de l’étude :
Plus le nombre de départements exploités par un même éleveur est grand, plus l’intensité des prédations est forte sur chaque lot. Pour un éleveur travaillant sur un département unique, on retrouve un taux de victimisation de 1,10 ovins par prédation du loup. Pour un éleveur travaillant sur plus de 5 départements le taux varie de 2,5 à 4,5 ovins par prédation du loup.

Un manque de moyen de protection évident chez les éleveurs :

92% des éleveurs restent dans les limites du raisonnable en terme de prise de risque. Le taux de victimisation flottant entre 1 et 2 bêtes par constat de prédations. Pour 61% des dommages subis !
8% des éleveurs génèrent près de 40% des dommages ! Le nombre des constats est multiplié par 4,5 et passe pour un lot unique de 1,1 à 4,5 dans les pires situations. Pour 39% des dommages subis !

Plus le nombre de lot est important, plus les moyens à mettre en place sont élevés en coût, la politique de certains éleveurs, dont le nombre peut être estimé à une centaine à peine, plombe complètement les statistiques de prédations du loup. Le manque de moyen de protection des troupeaux en question est une des explications, chez des éleveurs qui font du mouton une « économie d’échelle » couverte, hors assurance, par les indemnisations des pouvoirs publiques et de l’Europe . Le seconde est l’anarchie qui règne en terme de tirs de destruction du loup. La dernière est le manque total d’anticipation en plaine.

 


Tableaux et Courbes :


Le préjudice de l’éleveur en moyenne et à chaque prédation du loup (constat) :

Les courbes:

 

Entre 2012 et 2015.

 

Conclusions :

Que ce soit en plaine, comme en zone de basse montagne, la politique à mener devrait s’inscrire dans la gestion des lots, de manière à mutualiser les moyens. (clôture mobile, chiens, bergers et autres…) Les associations d’éleveurs et les Chambres d’Agriculture devraient s’enquérir au plus tôt de réorganiser en collaboration avec les éleveurs concernés la gestion des pâtures au niveau départemental. Les indemnisations des éleveurs doivent être en rapport avec les moyens mis en place, en particulier, cynophiles et humains.

Concernant les Alpes, il semble que les responsables politiques nationaux et régionaux ont baissé les bras depuis longtemps ! En effet il est surprenant de constater que certains dossiers de constat qui comportent des indemnisations ne mentionnent aucune victime. Et il sont nombreux ! Ainsi il est indispensable de mettre en place des moyens de constatations et de contrôles beaucoup plus efficaces. Il est possible et probable que des abus soient courants, voire généralisés localement.
Ces affirmations feront l’objet d’un prochain dossier étayé !

La part de l’éleveur:

 


Les prédations du loup :


Quoiqu’en dise le fondamentalisme pastorale, car il faut bien parler de fondamentalisme, ces dernières années, les prédations du loup restent très majoritairement ovines, les bovins, chiens et caprins ne représentent que 5% des victimes « déclarées » du loup.

Rappelons que le loup n’a pas été réintroduit, qu’il disperse sur une grande partie du territoire quoiqu’en dise l’Oncfs. Et qu’il n’est pas un prédateur de l’homme. Les fait l’attestent depuis près de 100 ans !

Avant de présenter une analyse des faits, sur l’arc Alpin, depuis 2015, il est nécessaire de rappeler que le loup prélève en moyenne une dizaine de chiens par an, essentiellement en estive de montagne et une dizaine d’équins par an sur l’ensemble du territoire national. Les risque de prédations sur l’humain sont nuls et les risques de prédations sur les animaux dit « de compagnie » sont réellement extrêmement faibles.

Tableaux et histogrammes :

 

les catégories de victimes,

Sur l’histogramme suivant il est relativement facile de se rendre compte des faits.

A gauche 2015, à droite 2016.

Dans les Alpes françaises entre 2015 et 2016 :

Et en particulier dans la région Paca de 2015 à 2017,

Les prédations du canidé sauvage, entre 2015 et 2016 varient de plus d’un millier de victimes au niveau national. La variation est essentiellement due à la dispersion du loup au niveau national.
Dispersions du canidé et installations du loup dans de nombreuses régions de France laissent entrevoir de forts potentiels de prédations sur les domestiques si les politiques mises en place ne changent pas, très rapidement, en particulier au niveau des contrôles, sur les constats de prédations et des conditions, des tirs de destruction sur l’espèce d’une part et de la mise en place effective des moyens de protection, en nombre et en qualité suffisante, sur l’ensemble des sites concernés. (voir la 1ere partie du document)

D’une part, il est nécessaire d’anticiper fortement afin d’éviter la propagation de foyers de prédations, comme en région Lorraine depuis 2010. Concernant la région Paca dont les chiffres ne sont pas représentatifs de ce qui va se développer en plaine, il faut noter :

depuis 2015, malgré de nombreux tirs de destruction du loup, une stagnation des prédations, soit plus de 299 constats au 31 mai 2015 pour 286 constats en 2017 à la même date.

Au 31 mai 2017 le nombre global des victimes est en forte augmentation, soit 31% d’augmentation entre 2015 et 2017 pour 67 tirs de destructions du loup sur la même période. Essentiellement dans l’Arc Alpin.

D’autre part, il faut faire une analyse objective des tirs de destruction du loup dans le sud-est.

Il ressort que seul 10 tirs peuvent être déclaré « utile » en 2015 ! Chaque tir « utile » permettant une économie moyenne de 8 victimes (toutes espèces confondues). Ainsi sur 33 tirs exercés en 2015, le plus grand nombre n’a aucune efficacité sur le nombre de prédations global. Ils ne sont pas exercés sur les lieux de prédations domestiques du loup.

Ainsi, il est possible d’affirmer que 70% des tirs engagés depuis 2013 sont inutiles, voire, pire encore, de nombreux tirs semblent contre-productifs.

Exemple, sur les communes de Beuil, Saint Vallier de Thiey, Saint Colomban des Villards, Auzet et Baillons les effets des tirs se révèlent être en rapport avec une augmentation directe des prédations du canidé sauvage. Il est même possible d’envisager que ces tirs de destruction soient en rapport direct avec de nouvelles prédations sur ovin.

Certaines communes sur lesquelles les tirs ont été effectués subissent des pertes du niveau de prédation. Exemple les communes de Luz la Croix Haute, Isola et Caussoles.
Il faut comprendre que sur Luz-la-Croix, un seul tir en 2015 a permis la chute des prédations en 2016. A Isola, une forte chute des prédations, en 2016, est due à une éradication locale du canidé sur le territoire de la commune. C’est par ailleurs le seul résultat probant obtenu par la brigade du loup en 2015 ! Tout comme les années suivantes, d’ailleurs, les brigades du loup mises en place ne permettent pas de « réguler » selon l’expression consacrée, les méfaits du canidé, sans se mettre en contradiction flagrante avec les textes européens.

L’éradication du loup sinon rien ?

Le tir du loup ne peut durablement faire stagner les prédations domestiques du canidé. Au plus les chutes par commune sont comprises entre 3 et 44 victimes, de moins et par an, en fonction de la situation des sites. Ce qui pose questions ! Comment est-il possible que les écarts en région Paca soient aussi larges, entre 1 et 10 fois plus d’une commune à l’autre, les réponses aux questions s’imposent ? Il est temps d’investir les estives de montagne, les abus sont vraisemblables, c’est même une certitude.

La mise en place d’un contrôle strictement indépendant semble inévitable, faute de voir s’envoler tous les ans un peu plus, des chiffres officiels qui auront de moins en moins de rapport direct avec les réalités naturelles !

Ainsi, bien sûr, l’éradication du loup et donc de meute complète ne peut être à l’ordre du jour !
En 2015, 23 tirs inappropriés de destruction du loup ont éventuellement provoqué un surplus de plusieurs centaines de prédations, en 2 ans, alors qu’il est possible d’extrapoler un surplus de prédations en 2016 de plus de 800 victimes collatérales.
En effet le nombre de communes impactées entre 2015 et 2016 a chuté de 6 unités passant de 77 communes sous prédations du loup en 2015 à 71 communes en 2016. Pour 1149 victimes de plus, en 2016 essentiellement prélevées en Savoie, Drôme et Var ! Le chasseur du sud-est pousse le loup chez son voisin !

Alors que la population de canidé serait en augmentation constante. Quoiqu’en disent les associations.
Il est possible que plus de 70% des sur-prédations (dommages collatéraux dûs aux tirs) du loup soient en rapport direct avec les conditions d’exécution des tirs entre 2014 et 2017. Sans compter les déplacements d’effectif !
Au 31 mai 2017 le global des prédations domestiques du loup est en augmentation de 20%.
Ce global stagne en région Paca et sur les Alpes en général. Il est en augmentation constante sur toutes les autres régions de France.

 

Les histogrammes :


Alpes Maritimes :


Drôme et Savoie :


Alpes de Hautes Provence :


Les résultats obtenus sur les communes impactées par le loup suite aux tirs de 2015 :

 


Conclusions :


Une lecture du tableau suivant s’impose, il résume parfaitement la situation, il est probable que les victimes domestiques soient, en nombre, proche de 12 000 têtes en 2017. Un fiasco en rapport avec la mégestion organisée depuis plus de 20 ans, au niveau national.

 

 

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