Retour du loup. Analyses des modalités spatiales et reproductives, dans l’Est de la France. Prospective.

Ce document a été diffusé pour la première fois le 4 octobre 2013.



L’analyse des documents et des cartes de dispersion est révélateur d’une situation transitoire, qui s’amplifie toujours plus fortement à l’ouest des centres d’activités actuels du canidé, alors que le loup s’installe de manière pérenne sur le massif vosgien, tout comme en plaine, assurant, un flux de dispersion permanent, qui va encore s’amplifier dans les prochaines années. Une forte poussée de l’espèce, Canis lupus lupus, vers l’ouest et le sud de la région Champagne-Ardenne tout comme vers le nord, en direction de la Belgique est inévitable.

Si les pouvoirs publics, les ministres concernés, les Directions Départementales des Territoires, les élus et préfets ne comprennent pas qu’une forte anticipation est indispensable à la gestion du retour du canidé, le coût du déni et de l’attentisme sera très supérieur à moyen et long terme, à l’ensemble des mesures préventives et d’anticipation nécessaires à la mise en protection globale des troupeaux.


Est-il possible d’envisager une prospective de développement et de dispersion ? L’anthropisation des milieux naturels et leurs exploitations variées et diverses favorisent-elles la dispersion du loup ?


L’évolution des courbes de prédations par centre d’activité dans l’Est :

Les faits,

En cumul, les prédations ont augmentées de 120% entre 2011 et 2013. Sans aucune anticipation, et sans aucune mise en protection, sérieuse, des troupeaux. Le coût des prédations du loup, aura coûté, plus de 100 000 euro, en compensation, alors que dans l’ouest vosgien, des brebis de réforme sont encore placées, en octobre 2013, sans aucune protection, en lisière de forêt. ( valeur de la brebis de réforme 50 euro, compensée au minimum, 100 euro!) Une augmentation des prédations de 75%, en 2012, dans le département des Vosges ne peut se traduire que par une forte augmentation des effectifs. Y-a-t-il eu reproduction en 2011, sur le massif vosgien ?

(*) 127 victimes du loup ? La DDT n’ayant pas obtempéré au 11 janvier 2014, aux injonctions de la Cada, ce chiffre représente le total des bêtes tuées et blessées en 2013…le nombre de bêtes compensées aux éleveurs n’étant pas divulgué, non plus !

Les courbes :

Légendes : (1) 2011, (2) 2012, (3) 2013

Courbe bleue : massif des Vosges, Courbe orange : plaine des Vosges,

Courbe jaune : Haute-Marne, Courbe verte : Aube, Courbe marron : Meuse.

Il ressort que les variations à la baisse sont dues à la dispersion du loup vers la plaine vosgienne en 2012, et vers la plaine haut-marnaise en 2012, également, puis en 2013, jusqu’à l’Aube. Tout comme la dispersion du massif vers la plaine vosgienne en 2013, en corrélation avec les premières mises en protection des troupeaux et la diminution des effectifs en meute, présent sur le massif en 2011 et 2012 .

 


Comment expliquez la dispersion du canidé vers la plaine et à partir du massif vosgien, dès le mois de décembre 2011 ?


Le canidé est présent dès le 14 février 2012 à Lamarche ( 88258). Les taux de consommation relevés correspondent à au moins 2 canidés. Les faits ne sont pas révélés. Et dès le 8 mars 2012 à Bréchainville (88074.) Un signalement de présence positionne le loup sur le Val d’Ajol, dès le 22 janvier 2012. Tout comme en octobre 2010 à Girmont, ou une prédation du loup sur un veau est classée « loup exclu ». prédation qui , sans contestation possible, aurait du être classée « loup certain » puisque de nombreux témoignages des techniciens de l’Office National des Forêts, en 2010 attestaient de la présence d’une meute, au sud du massif vosgien. Une tentative de prédation sur un chien, en décembre 2010, aux Granges de Franoux est attribuée à un lynx (en mai 2012, pourtant, la disparition inexplicable du lynx, sur le massif, est officieusement reconnue.)

L’origine vosgienne des effectifs installés en plaine, ne fait donc aucun, doute, alors que certaines images et analyse d’adn, prouvent également les faits. Tout comme en 2013, sur les départements limitrophes.

Peut-on envisager une reproduction dès l’hiver 2010/2011, suivie de naissances en mai 2011 ?

Rappelons au préalable que les naissances ont lieu dans 86% des cas en mai ou juin de l’année, et que les premières consommations carnées des louveteaux interviennent environ 5 semaines après la naissance. Les besoins, en produits carnés, sont donc important dès le mois de juillet de l’année de reproduction. Il faut également souligner que les prédations qui ont eu lieu en Morvan entre le 1er janvier et le 21 février 2013, sur lequels l’Oncfs n’a toujours pas communiqué, sont les faits du loup. Doit-on envisager la dispersion du loup vosgien, à compter du 26 novembre 2012, en provenance de la commune de Bayel (Aube) ? Sans aucun doute !

Comment est-il possible qu’un seul individu identifié par l’Oncfs sur le centre d’activité de l’ouest vosgien, puisse être présent, à la même période, en janvier 2013, sur les hauteurs de Ligny-en -Barrois, en janvier 2013, sur l’ouest vosgien (Coussey), et en Morvan, toujours en janvier 2013 ?

 


Analyses des comportements de chasse des canidés, sur les centres d’activité :


 

Les nombres de jours de présence par période d’activité :

Sur le massif vosgien, en 2011, il est possible de définir 21 périodes d’activités de 1 à 5 jours. En 2012, le nombre de périodes passe à 19 pour 1 à 4 jours de présence. En 2013 le nombre de périodes chute considérablement et passe à 7 pour 1 à 5 jours de présence.

Les prélèvements les plus forts sont intervenus, en 2011 au mois d’août. En 2012, les prélèvements chutent à un 4 brebis, pour 45 domestiques prélevés en 2011. Une reproduction en 2012, sur le massif est donc improbable. En août 2013, les prélèvements sont inexistants, alors que la meute en place est détectée, coté alsacien, en présence de louveteaux. Alors que les prélèvements sur ovin n’existent pas au delà de la route des crêtes depuis le retour du loup en 2010. Les éleveurs ovins dans le département du Haut-Rhin, sont de fait, presque inexistants.

En plaine, en 2012, sur le centre d’activité de Grand-Midrevaux, le nombre de périodes d’activité est très intense, avec 26 périodes pour 1 à 5 jours de présence. En 2013, il passe à 17 périodes pour 1 à 5 jours de présence.

Les prélèvements en plaine vosgienne, en 2012 sont très conséquents. Pas moins de 126 domestiques sont victimes du canidé. Ce chiffre ne correspond pas à un seul individu. Dans le Doubs en 2011, un loup seul a prélevé 10 ovins par mois, en moyenne. Ici, les chiffres atteignent des sommets : 22 brebis sont prélevées chaque mois. Le maximum est atteint en août 2012 avec 42 domestiques prélevés, alors que les prédations s’étendent au département de la Haute-Marne ( comme en 2011 sur le massif aux départements limitrophes.) Après les événements de Haute-Marne et de l’Aube en 2013, une reproduction des nombreux individus présents, sur la zone d’activité vosgienne est certaine. D’autres indices corroborent par ailleurs les faits. La présence d’au moins 3 individus en forêt de Midrevaux, en avril 2013, par exemple.

Alors que les événements qui se déroulent en Haute-Marne, en 2012 et 2013 confirment que ……voir toute les données

Dans l’Aube, en 2013, 13 périodes d’activités sont relevés toujours avec 1 à 5 jours de présence.

Les prélèvements, en relation avec la Haute-Marne, méritent cependant d’être examiné en détail. En août, 20 brebis sont victimes de loups. Soit 27% des prélèvements de l’année (hors contexte haut-marnais). Doit-on envisager une nouvelle reproduction en Haute-Marne, en 2013 ? Certainement ! 74 brebis sont prélevés entre le 22 mai et le 7 octobre, alors que le loup sévit sur la plaine vosgienne, et en Meuse, tout comme en Haute-Marne. Soit 18 brebis par mois en moyenne, comme en 2011, sur le massif vosgien.

L’analyse des prélèvements par période de présence est tout aussi révélateur.

Les courbes :

 

 

 

L’analyse des prélèvements par période de présence :

Les prédations du loup sur le massif vosgien, en 2011, révèlent le prélèvement de 110 domestiques, essentiellement des ovins, et 2.47 brebis en moyenne, victimes du loup, par période de chasse, pour 47 tentatives de prédations au total. La moyenne des prélèvements par période de présence évolue de 1 à 10 domestiques. (coefficient de variation : 10, comme en 2012 sur la plaine vosgienne)

Ce coefficient, très faible ( moyenne nationale 3,7) prouve que les effectifs étaient en nombre important, il est connu que plus les effectifs en meute sont nombreux moins le nombre d’ovins prélevés est important en moyenne sur chaque prédation et en globalité, sauf si il y a reproduction dans l’année considérée .

Toutefois, la zone vitale des canidés,en 2011, était placé directement sur les zones de pâturage des éleveurs vosgiens ( voir le plan ci-dessous.) Soit entre les communes de Gérardmer au nord et Ventron au sud, Rochesson et Thiéfosse à l’ouest et le coté alsacien de la route des crêtes à l’est. Ce qui explique certaines périodes « d’absence » (puisque le prélèvement sur ovin n’est pas possible en Alsace. ) Le loup exploite la zone vitale acquise en sectorisant les prédations. Il exploite tous les types de ressources. Il change donc de secteur de chasse régulièrement, quand le domestique est omniprésent, il prélève du domestique plus souvent, quand le domestique est absent, il prélève des ongulés sauvages, en nombre suffisant. Puis change à nouveau de zone de chasse ou de repos.

 

Légende :

Les polygones rouges et violets représentent les axes de dispersion des canidés. Les pointes blanches, les lieux de prédation de la bête des Vosges en 1977 et 1978, les pointes jaunes, les communes ou le loup a sévit en 2011. Le polygone vert représente la surface globale de la zone vitale en 2011. Elle a considérablement évoluée en 2012 et 2013. Les droites jaunes, fixent les azimuts de déplacement des canidés. La droite bleue, le déplacement enregistré le 22 janvier 2012, en direction de l’ouest, précurseur de la dispersion d’au moins 2 canidés vers la plaine vosgienne.

La dispersion du loup dans l’Est a commencé dès le mois de décembre 2011. Alors que les premiers indices de présence datent de 2005, puis 2007, et enfin 2010 ou l’automne connaît les premières prédations du loup, qui a l’époque ne sont pas comprises, comme telles. Alors que les techniciens de l’Onf de Luxeuil-les-Bains et Remiremont signalent la présence d’une meute de 4 individus, dès l’automne 2010, le premier indice qui aurait dû alerter les autorités est la prédation exercée le 12 puis le 16 novembre 2011 sur la communes de Fresse-sur-Moselle, alors que deux individus, vraisemblablement, prélevaient deux brebis dans la même nuit. Deux individus sont présents, les 14, 17 et 21 février 2012 sur le secteur de Lamarche. A Aureil-Maison, les taux de consommation révèlent la présence de 2 canidés. En mars 2012, le 8, sur la commune de Bréchainville connaît une première prédation. Les faits ne sont révélés qu’au mois de mai 2012, sous la pression de la presse, après diffusion de la liste des prédations exercées en avril et mai 2012, sur l’ouest-vosgiien.

 

La représentation schématique des déplacements du loup en 2011 sur le massif vosgien

 

Il ressort que le loup se déplace, généralement en formant des figures géométriques fermées ou ouvertes ressemblant au triangle , quadrilatère, carré, de notre géométrie. Qu’il revient souvent dans ses pas, voire qu’il se décale parfois pour revenir à un azimut déjà emprunté, qu’il trotte dans ses propres pas, ou parallèlement à ses pas afin d’explorer l’intérieur d’une zone qu’il a délimité.

Que le loup choisit des azimuts francs afin d’explorer un secteur contigu à celui qu’il quitte, comme l’Est ou l’Ouest. Ces derniers permettent d’explorer la zone vitale de l’intérieur, également.

Le mode opératoire confirme qu’il divise la zone vitale en différents secteurs, qu’il coupe sa propre route à de nombreuses reprises, qu’il privilégie les intermédiaires comme  pour le plus fréquent, le NE alors que les axes O sont les plus courants. Il est possible que le loup se déplace plus souvent de nuit que de jour. Le rapport pourrait être de l’ordre de  5/3 ( 5 de nuit pour 3 de jour). Enfin il retourne vraisemblablement dans le secteur de départ après avoir couvert la zone vitale, dans son intégralité.

En 2012, toujours sur le massif vosgien, 41 brebis sont prélevées, en 29 tentatives de prédations soit une chute de 38%, par rapport à 2011. L’explication tient à plusieurs phénomènes, l’installation d’au moins 4 « Patou, à Fresse-sur-Moselle, Cornimont et La Bresse, le coefficient moyen de 1.14 brebis prélevées par tentative de prédations (soit une chute de 42%) implique complètement la dispersion des effectifs vers la plaine vosgienne et la non reproduction du groupe sur le massif vosgien. La chute des besoins alimentaires et pour une moindre mesure les premières mise en protection explique donc le phénomène. Les dispersion, engagés dès le mois de décembre 2011 explique une reproduction sur le massif vosgien, la même année. Reproduction qui n’a pas été détecté, faute d’investigation. Celles de l’été 2012, ne confirmant pas la reproduction du groupe, et pour cause les effectifs vosgiens était présents pour partie seulement, en Haute-Saône du mois d’août au mois d’Octobre 2012.

Sur le massif, en 2013, 15 brebis sont prélevés à la date du 22 juillet 2013, une nouvelle dispersion détectée par adn, sur des prélèvements de fèces, avec présence du canidé en 2012 sur le massif et en 2013 sur la plaine vosgienne, institue une nouvelle reproduction sur le massif , dont la conséquence est la dispersion du ou des subalternes présents. En août 2013, le loup est détecté, en binôme au sud de Colmar, alors qu’une reproduction est confirmée à l’ouest de Ventron. Doit-on envisager la présence d’un deuxième groupe de canidés sur le secteur Alsacien, à la fin de l’été 2013 ?

Dans la plaine vosgienne, en 2012, la moyenne des prélèvements par période de présence évolue de 0,6 à 6 domestiques. ( coefficient de variation:10 comme en 2011 sur le massif) le nombre de brebis prélevées est supérieur de 15% à celui de 2011, sur le massif vosgien, alors que le canidé prélève également en Haute-Marne. Les éleveurs haut-marnais sont par ailleurs compensé, en 2012. Le coefficient de 2,70 ( total des victimes/total des tentatives de prédations) est proche de celui qui est repéré dans le massif vosgien , en 2011. En 2013, en Mercantour le coefficient est de 2,81, alors que le loup est établi en meute, de 2 à 8 individus.

La présence de trois individus, au moins, au début du printemps 2013 est certaine. Alors que le comité loup vosgien ( Ferus, Fne, Geml, Oiseau nature), explique, en corrélation avec les déclaration de l’Oncfs que le loup répertorié à compter du mois de mai 2012, est seul. Les éléments, décrits ci-dessus, étant connus, il reste une question :Pourquoi ?

Dans la plaine haut-marnaise……

Dans l’Aube en 2013, la moyenne des prélèvements, par période de présence varie de 0,75 à 14, soit un coefficient de variation de18, bien supérieur à celui relevé dans les Vosges, en 2011 sur le massif et même supérieur à celui de la plaine vosgienne, en 2012. le nombre de brebis, prélevées en moyenne, chaque mois est de 18 individus. Officiellement, il n’y a qu’un seul individu, en Haute-Marne et dans le département de l’Aube, les investigations n ‘ont pas permis de déterminer la présence de plusieurs individus. Un coefficient de 3,36 proche, de celui des meutes du département des Alpes Maritimes, en 2013 ( 3,58) est pourtant relevé.

Cependant, le loup est présent le 16 mai 2013 à Midrevaux, dans l’ ouest vosgien et à Colombey-le-sec , en Aube le 21 mai 2013 et à une distance 52 kms soit ( 12 jours de déplacements en triangulant.) Le 14 juillet 2013 il est à Curmont (Haute-Marne), ou une génisse est prélevée et fortement consommée, et le 15 juillet à Grand (ouest vosgien) distance, entre les deux communes, 45 kms à vol d’oiseau. Tout comme à Domrémy-la-Pucelle, le 16 juillet 2013, à une distance de 10 kms qui ne correspond pas à un déplacement habituel . Midrevaux le 3 août, en plaine vosgienne, Lignol-le-Château ( Aube) le 4 août 2013, également. Et encore, en septembre 2013, le loup est présent le 9 à Cirsfontaine ( Haute-Marne) le 8 à Leschères ( Haute-marne) distance 28 km, alors qu’il prélève dans l’ouest vosgien, à une distance 22 km, à la même époque. Le 6 septembre à Midrevaux ( Vosges)et le 3 à Guindrecourt, en haute-Marne, distance 40 kms,

Doit-on envisager la présence de plusieurs individus, voire de plusieurs groupes? C’est une évidence, qui tient du simple bon sens! Comment peut-on expliquer la présence de plusieurs groupes et les indices statistiques qui font prévaloir de forts prélèvements et une forte présence du canidé en 2012 sur la plaine vosgienne, comme une probable reproduction en 2013, tout comme sur la plaine haut-marnaise?

Les courbes :

 

La période 10 correspond au mois de mai 2012, vraisemblablement à une dispersion des effectifs en meute, comme en 2011 sur le massif, le mois d’août connaît les moyennes les plus fortes en terme de prédations, durant les périodes de présences effectives. Les effectifs en provenance du massif sont donc importants.

 

En 2013 :

 

Les effectifs connus, par relevé de piste attestent de la présence de 3 individus, plus/dont un canidé repéré par analyse adn, présent en 2012 sur le massif vosgien, le nombre de périodes de présence chute fortement, – 34%, alors que la Haute-Marne et l’Aube connaissent de nombreux prélèvements. Il y a donc dispersion des effectifs présents dans la plaine vosgienne vers les département limitrophes.

Dans l’Aube , mêmes constats, mai et août 2013 sont les plus représentatifs des prélèvements effectués par le loup durant les périodes de présences connues. La dispersion du loup engendre de nombreux prélèvements sur les domestique, en période de reproduction, tout au contraire des effectifs présents en nombre (au moins 4 canidés), comme en 2012, sur le massif vosgien. Et encore en présence d’un couple reproducteur, comme en 2013, sur le massif, coté lorrain.

 

Cette courbe ne présente pas les les prélèvements dans le département de Haute-Marne qui sont le fait des mêmes individus . 

 


Analyse synthétique des prédations du loup, en relation avec la dispersion des individus et les périodes de présence :


 

La mobilité du loup en période de prédation,

Il faut souligner que le nombre déterminé par période de présence n’excède jamais 5 jours, par contre, après avoir suspendu son activité de chasse , le canidé peut reprendre sur un même secteur de chasse, comme à Midrevaux, du 17 au 29 mars 2013, du 15 avril au 28 avril 2013 ou encore du 9 au 19 juin de la même année. De nombreux exemples existent. Une période de présence est donc toujours placées entre deux périodes d’absences supposées ( pas de prédations.) Le loup serait-il moins mobile en période de naissance ?

Tableau synthétique des nombres de jours de présence par périodes de prédations :

 

Courbes des fréquences de prédations :

 

Analyses des courbes :

Courbe bleue, massif vosgien, en 2011 , la reproduction est possible, la courbe est creuse, la mobilité est faible, le nombre de prélèvements importants, l’effectif est supérieur ou égale à 5 canidés.

Courbe orange, le massif vosgien, en 2012, la reproduction n’a pas lieu, la courbe est fracturée, la mobilité est forte, les prélèvements en baisse, deux individus au moins ont quitté le massif, l’effectif est inférieur ou égale à 3 canidés. Le loup est présent du mois d’août au mois d’octobre en Haute-Saône. (nombre d’individus indéterminé ?)

Courbe jaune, la plaine vosgienne en 2012, la reproduction est possible, malgré la présence de plusieurs individus, la courbe est fracturée, la mobilité est forte et les prélèvements nombreux, les ovins ne sont pas protégés et l’effectif est supérieur ou égale à 3 canidés, alors que la dispersion du loup se poursuit en Haute-Marne. Il faut donc affiner en corrélant avec ce département.

Courbe verte, le massif vosgien en 2013, la reproduction est avérée, la courbe est creuse, la mobilité est faible et les prélèvements en chute. La présence de Patou (au moins 5 chiens) et la dispersion d’un individu, au moins vers la plaine vosgienne, alors qu’un deuxième groupe a investi le Haut-Rhin, sans prédations domestiques connues, expliquent la forte chute des prédations coté lorrain. L’effectif adulte est supérieur ou égale à 4 canidés. (hors naissance)

Courbe bleue claire, Aube, en 2013, la reproduction est probable (en Haute-Marne ?), la courbe est creuse, la mobilité est faible et les prélèvements importants, l’effectif est égale ou supérieur à 3 canidés.

Courbe marron (puis bleue clair = mêmes données), la plaine vosgienne en 2013, la reproduction est peu probable, la courbe est creuse mais la mobilité est plus importante que dans l’Aube, ou sur le massif vosgien, les prélèvements sont d’un niveau moyen, également, la dispersion des effectifs sur sur la Haute-Marne explique cette chute des prédations. ( – 58%) alors qu’elle sont supérieures de 50% dans l’Aube, en valeur brute. L’effectif est égale ou supérieur à 1 canidé.

 

Les besoins alimentaires du loup,

Les courbes des prélèvements , en moyenne par période de présence :

courbe bleue roi : massif 2011 besoin alimentaire fort nombre de période > 20

courbe orange : massif 2012 besoin alimentaire faible nombre de période < 20

courbe jaune : plaine 2012 besoin alimentaire moyen nombre de période > 25

courbe verte : massif 2013 besoin alimentaire moyen non représentatif

courbe marron : plaine 2013 besoin alimentaire moyen nombre de période < 20

courbe bleue ciel : Aube 2013 besoin alimentaire fort nombre de période > 25

haute-marne compris

En 2011 et 2012, sur le massif, les effectifs sont installés en meute forte, en 2013, sur la plaine vosgienne, en meute forte, l’Aube est à corréler avec la Haute-Marne. Doit-on envisager des reproductions en 2011, sur le massif, en 2012, sur la plaine vosgienne, et en 2013 sur la Haute-Marne ( Aube) ?

 


Les courbes de prélèvements sur 12 mois , de janvier à décembre, par centre d’activité du loup:


 

En mars 2013, sur la courbe bleue ciel, on remarque une dispersion qui se traduit dans les faits, par la présence d’un 3éme canidés sur l’ouest-vosgien. ( avérée par Adn et annoncée en octobre 2013)

Les crêtes vertes, jaunes et bleues roi, en 4 et 5 (avril et mai 2011, 2012, 2013) correspondent-elles à une dispersion des effectifs pour cause de naissance, donc à une présence > à 2 individus ? Une reproduction « avortée » a-t-elle eu lieu en 2013, dans la plaine vosgienne, la dispersion du mois de mars, pour cause de reproduction et la dispersion en juin, pour cause de naissance est-elle envisageable ? Alors que les besoins alimentaires chutent en août, est-il envisageable que les prédations exercées en Haute-Marne, du 17 mai 2013 au 8 septembre, soient dues à une exploitation sectorisée de la zone vitale, ce qui implique l’installation pérenne d’un groupe de canidés important ?

Courbe bleue roi : massif 2011 Courbe jaune : plaine 2012 Courbe verte : Aube 2013

hors Haute-Marne

Courbe bleue ciel : Aube 2013 Courbe orange : massif vosgien 2012

Courbe marron : massif 2013

 

Les taux de victimes moyen/annuels par tentatives de prédations :

Peut-on déterminer une corrélation entre ce qui se déroule au niveau national, ou dans le Mercantour ?

Les histogrammes parlent d’eux-mêmes! Les situations sont identiques, à l’évidence ! La dispersion d’individus isolés est donc très peu probable.

En Mercantour les effectifs sont établis en meute, tout comme en 2011, 2012 2013, sur le massif vosgien, tout comme en plaine vosgienne en 2012, tout comme dans l’Aube-Haute-Marne en 2013.

 

Comparaison avec l’évolution des prédations dans le département de la Drôme de 2005 à 2008 :

Les courbes,

 

Courbe jaune :

La corrélation entre les couples de courbes est bonne (jaune et bleue et orange et verte), il est donc possible, à partir d’événements connus sur d’autres départements de déterminer un nombre d’individus probables sur un secteur en dispersion.

d’une espèce très mobile évoluant à faible densité (en moyenne 4 à 5 loups / 300 km2), sur plus de 4 millions d’hectares

Quand on applique de telles approches au cas du Loup en France, les modèles classiques donnent des effectifs parfois deux fois plus faibles que ceux issus des modèles tenant compte du fait que tous les animaux n’ont pas les mêmes chances d’être détectés.

En 2008, 6 génotypes distincts sont effectivement identifiés, dans la Drôme.

Drôme 398 éleveurs ovins et caprins 180 éleveurs dans les Vosges

En 2013, le loup prélève en Diois, 24 brebis par mois, l’effectif recensé par l’Oncfs est de 1 individu. En 2011 dans le Doubs un loup isolé prélève 10 brebis par mois.

La situation dans la Drôme ; centre d’activité du Diois zone vitale 97 000 ha., 2 canis au moins en dispersion, en meute, au moins un couple reproducteur, l’effectif est supérieur ou égale à 4 canidés.

49 prédations pour 171 victimes, en 2013

 


A l’évidence, l’Oncfs fait des erreurs de diagnostique :


 

Les surfaces investies :

Par contre je persiste à penser que là ou les infrastructures de desserte sont bien développées, la pression de chasse serra trop soutenue pour permettre l’installation pérenne dans le temps et l’espace de meute.

Les meutes sont peu nombreuses en effectif, une adaptation est possible, par contre un fort flux migratoire est certain, c’est en fait ce qui s’est passé dans les Vosges et dans la plaines, entre autre région ou département.

5 loups pour 300 000 ha….

La surface investie, à partir de l’ouest vosgien s’élève à 300 000 ha, en dehors des dispersion de l’hiver 2013, en Meurthe et Moselle, Meuse et Morvan.

La carte :

Ouest vosgien, Haute-Marne, et Aube : 300 000 ha

Meuse, Meurthe et Moselle et Vosges à l’ouest de la ville d’Epinal, hiver 2013 : 110 000 ha

Morvan : 10000 ha

Une dispersion sur le Morvan en 2013, implique un passage du loup dans l’Yonne et dans la Nièvre, à ce titre, une suspicion de présence dans l’Yonne est possible à compter du 20 Octobre 2013, et n’est pas prise en compte.

Compte tenu de la dispersion depuis 2011, à partir du massif vosgien ou les surfaces investies en 2011, étaient proche de 100 000 ha, Haute-Saône, non comprise, il est possible de considérer que les effectifs en présence sont, au minimum, de 7 individus adultes. Dont 5 de l’ouest vosgien à l’Aube. Ce que confirment par ailleurs les taux de victimisation, en rapport avec le nombre des victimes. Tout comme les courbes de fréquences de prédation et de mobilité, liée à des reproductions certaines.

 

Conclusions :

En Haute-Marne, Aube et Meuse, 2014 s’annonce déjà très chaud.

Il faut dors et déjà alerter les autorités et les éleveurs, la baisse des prédations dans l’ouest vosgien et le calme apparent des derniers mois de l’automne 2013 sont les prémices de fortes déconvenues, dans les années à venir, si les moyens de mise en protection ne sont pas mis en place massivement.

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