Le chien est-il un prédateur du mouton en France ?


Les qualifications :


Le chien divaguant en France est décrit avec de nombreux qualificatifs. Chien errant, abandonné, sauvage, paria, ensauvagé, etc.

Une étude paru en 2003 décrit plusieurs types de chiens prédateurs du mouton dans le monde :

je cite ,

– les chiens fixés sur une famille humaine et dont le territoire ne s’en éloignent guère. Sous contrôle de leur propriétaire.

– les chiens fixés sur une famille humaine, mais erratiques. Ayant un propriétaire mais parfois libre de vagabonder.

– les chiens non fixés sur une famille humaine, avec ou sans tanière. Errants sans propriétaire mais dépendant de l’homme pour leur subsistance.

– les chiens errants sans propriétaire redevenus sauvages qui vivent sans aucun contact avec l’homme. Chiens féraux qui vivent à l’état sauvage sans source de nourriture et sans tanière intentionnellement fournie par les hommes et qui ne montrent aucune évidence de socialisation à l’homme, mais plutôt un évitement continu des contacts humains.

Parmi ces quatre catégories, le chien errant et le chien féral sont à éliminer du contexte français.

Les chiens qui font systématiquement les décharges publiques, tous les jours, pour se nourrir et les chiens sauvages n’existent pas en France.

Depuis août 2011, on recense sur le territoire national et en Suisse 1570 faits de prédations attribuables au chien, sur des animaux domestiques de rente, soit en moyenne 260 faits par an pour un nombre de victimes annuel inférieur à 2100 bêtes. Une perte ovine qui représente 5 domestiques par jour, pertes dues au chien, au niveau national.

Dans les Alpes, en 1998, un millier de victimes attribuables aux loups correspond, en alpage, à 285 victimes ovines en rapport direct avec le chien.

En extrapolant, en 2016, il est possible d’envisager un nombre annuel de victimes domestiques dues au chien, inférieur à 5100 individus. Sur l’ensemble du territoire national. Soit moins de 0,1% du cheptel ovin, en France. (0,07%)

En 2017, les données de l’Oncfs ne sont pas disponibles et libres d’accès sur ce sujet.

 

L’Etude du Cerpam :

Statistiques des attaques de chien sur les ovins :

Dans 85% des cas, le chien est repéré à l’attaque.

Dans 90% des cas, il réside à proximité des faits.

Dans 40% des attaques, le chien est seul.

Dans 34% des attaques, il y a 2 chiens en action.

Chez 95% des éleveurs, les attaques de chien sont rares.

70% des éleveurs, touchés, ont subi deux ou plusieurs attaques de chien dans l’année.

Les animaux disparus ou en fuite ne se retrouvent que dans 5% des cas d’attaques de chien divaguant.

Le nombre moyen d’ovins tués ou blessés par attaque est de 8 bêtes.

5% des attaques de chien provoquent plus de 20 pertes ovines, en une fois.

94% des pertes sont dus à des attaques cumulées.

La fréquence des attaques de chien sur ovins est de 18% en hiver, 50% en automne, 22% au printemps, 10% en été. Ce qui correspond au période d’ouverture de la chasse, en automne.

70% des attaques ont lieu de jour, rarement la nuit.

Avant l’arrivée du loup, les prélèvements du chien représentent, 0.3% des pertes ovines, après l’arrivée du loup, les pertes cumulées, loup et chien, représentent 10 fois plus, soit 3%.

Alors que les mesures de mise en protection ne sont pas encore mises en place. Quand les premières mesures de protection sont mises en place, le nombre de prélèvements loup et chien est divisé par 3 la première année.

 

Conclusions :

L’arrivée de loups sur un nouveau territoire se manifeste toujours par une explosion des attaques, ce qui suggère un faible niveau antérieur de dégâts dus à des chiens divagants. Il est possible de vérifier cette hypothèse en chiffrant les dégâts de chiens dans des territoires sans loups à date de l’enquête, de façon à éviter toute confusion, par enquêtes exhaustives auprès des éleveurs de ce territoire.

Dix enquêtes ont été réalisées dans autant de départements du grand Sud de la France auprès de 293 éleveurs ou gestionnaires de troupeaux collectifs, pour un effectif total de 145 000 ovins au pâturage (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Auvergne, Limousin, Midi-Pyrénées, Franche-Comté). Ces enquêtes convergent toutes vers un bas niveau de prédation, avec un taux annuel variant de 0,1 à 0,4 % de l’effectif au pâturage. La fréquence d’attaque est en moyenne d’une tous les 5 ans par troupeau.

Enfin il est remarquable de constater l’absence de discrétion du chien, vu à l’attaque dans 90 % des cas et le plus souvent identifié et neutralisé.

Ces résultats sont conformes à la littérature internationale (taux de prédation de 0,39 % aux USA et de 0,13 % en Grande-Bretagne), mais significativement éloignés de ceux qui circulent dans la majeure partie des publications consacrées au loup, qui évoquent des niveaux de pertes correspondant à des taux de prédation du chien quinze fois plus élevés, allant de 2 à 7 % en France ; pour autant, une vérification systématique de ces dernières « références » montre curieusement qu’elles ne reposent sur aucune étude chiffrée de terrain.

7% représentent le chiffre de 49 000 bêtes.

Les données diffusées par les associations qui parlaient de près de 500 000 ovins tués par des chiens chaque année (Fne et autres), puis 150 000, quelques années plus tard, ont servi à détourner les lois européennes sur la protection du loup en 2013, en justifiant, dans les départements de l’Aube et de Haute-Marne, le tir de chiens fantômes que personne n’a jamais vu ou photographié!

 

A méditer !

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