Le loup est-il un destructeur des ongulés sauvages ou de la faune cynégétique?

L’analyse des faits, sur une période de dix ans, prouve que les chasseurs n’intègrent pas l’arrivée du loup par manque d’information d’une part, alors que leurs prélèvements semblent, concernant le mouflon par exemple, supérieurs aux capacités de reproduction de l’espèce.

Concernant tous les autres ongulés sauvages, il n’y a à ce jour, aucune preuve d’une baisse des effectifs en rapport avec la présence du loup en meute. Les prélèvements du loup sur les domestiques non protégés (ovins, caprins etc) permettent de garder à un niveau élevé, les effectifs de population d’ongulés sauvages.

Quand les populations de mouflons baissent, le canidé sauvage reportent ses prélèvements sur le chamois et le bouquetin, sans report détectable sur les domestiques (ovins). Le cerf est également une proie prélevée par le loup, dans une moindre mesure.

En 1999, les prélèvements du loup sur le mouflon augmente, le chamois et le bouquetin connaissent les mêmes niveaux de prédations que le mouflon, les populations ovines présentes sont moins souvent victimes du prédateur. Les prélèvements du canidé sauvage s’exercent donc sur toutes les populations en fonction de nombreux critères:

La vulnérabilité naturelles des proies,

les effectifs de proies et le nombre d’espèces présentes,

le développement progressif de l’état de vigilance des herbivores sauvages,

les niveaux de prélèvements cynégétiques,

la météorologie locale et ses fortes variations, parfois extrêmes, d’une année sur l’autre,

le niveau de protection des domestiques,

l’effectif global de toutes les populations d’herbivores présentes,

le retour naturel ou artificiel de nouvelles espèces, y compris de prédateurs…

(cette liste n’est pas exhaustive)

L’action des chasseurs, sur le terrain, en période de chasse – en dehors du fait que les battues ont parfois pour conséquence, un déplacement provisoire des effectifs de loups – a donc des conséquences sur le comportement de chasse du canidé.

Ces actions et leurs conséquences ne sont pas étudiées! Tout comme les tirs de destruction exercés sur le loup depuis 2011.

Quand la population de loup est multiplié par 10 les prélèvements sur les espèces sensibles à la prédation sont multipliés par 4, concernant le mouflon. Explications.


En Mercantour

 

Le cas du mouflon: (1995 à 2001)


 

Dès les premières années les effectifs du mouflon baisse de près de 30% ( à 5 ans) alors que les prélèvements cynégétiques augmentent de 12%, en moyenne sur la même période de 5 ans, il ressort qu’il faut attendre 5 ans avant que les attributions de chasse ne soient ramenées, à un niveau inférieur, à l’année de référence. (2 loups/165 prélèvements cynégétiques)

Il est donc remarquable de constater que la « régulation » des ongulés par le monde de la chasse, devrait tenir compte du retour naturel du loup au plus tôt, c’est à dire dès les premières dispersions, afin d’anticiper. L’adaptation des plans de chasse et/ou du nombre de jour de chasse dans l’année et le comportement en battue sont donc primordiaux, afin de ne pas repousser les prélèvements du sauvage vers le domestique alors qu’il n’y a aucune anticipation à la mise en protection des troupeaux ovins et caprins en particulier.

 


Evolution de la courbe des effectifs de mouflons sur la période de 10 ans:


Quand les effectifs de population de l’espèce proie baissent, les prélèvements du loup chutent au moment ou l’effectif global du mouflon est tombé au delà de 30%. Le retour de prélèvements importants sur l’espèce semble lié à un cycle, vraisemblablement en rapport avec l’évolution des population de loup à l’intérieur des meutes. Des groupes faibles se reportent plus souvent sur les proies les moins adaptées à la prédation, dont le mouflon!

Le tir de destruction du loup, comme il est pratiqué actuellement, c’est à dire dans une totale anarchie, pose problème aux éleveurs et aux chasseurs, cette affirmation est en train de devenir une évidence en 2017.

 

Comparaison entre les effectifs de mouflons et les prélèvements de la chasse:

La réaction des chasseurs à la prédation du loup semble donc de prélever le plus possible, sans tenir complètement compte des variations à la baisse des effectifs du mouflon ( affirmation exacte sur phases 3/4/7/8/10). Les réactions en terme de gestion du plan de chasse (attributions) sont à l’opposées de toute logique.

Alors que le loup et les chasseurs semblent mener les mêmes « politiques » de chasse, là ou le loup diminue ses prélèvements, passant de 300 au plus fort à 98 prélèvements annuels en fin de période (pour 50 prélèvements initials, ce qui peut correspondre à l’évolution positive de la population de loups) , le monde de la chasse passe de 210 prélèvements, au plus fort, à 240 en fin de période. Afin, vraisemblablement de ne pas laisser sa part au loup. C’est ce qui explique en partie la chute de 54% des effectifs de population du mouflon.

 

Cette étude de cas peut parfaitement être reporté sur l’espèce proie la plus présente en plaine. Le chevreuil qui si il est « régulé » selon les mêmes critères de détermination que le mouflon, conduira aux mêmes effets à long terme. (plus de 10 ans)


Une étude de comparaison des évolutions de population de mouflons dans le Drôme et dans l’Isère en 2011 révèle les mêmes écarts de comportements en terme de gestion cynégétique.


En violet les effectifs, en bleu, les plans de chasse successifs, la Drôme est comparée à l’Isère à un moment ou le loup est absent de ce département alors qu’il est présent dans la Drôme. ( période de dix ans)

 

 

En violet l’évolution en Isère, en bleu dans la Drôme. Les graphes parlent d’eux-mêmes, le loup n’est pas responsable de la chute des effectifs du mouflon!

 

 


Sur la même période (1995/2001) les effectifs de chamois ont été multipliés par 6, passant de 7000 individus à plus de 40 000.

Sur la même période, le nombre de victimes domestiques a été multiplié, par 4, alors que la population de mouflon a été divisée par 2, pendant que les effectifs de canidés auraient triplé!

 

En 2010 les population de mouflons sont globalement en hausses, elles baissent dans les départements suivants:

Hautes Alpes, Drôme, Savoie, en présence du loup, Haute-Garonne, Dordogne, en l’absence du loup.

 

 

Une étude publiée en 2004,

« IMPACT DU LOUP (CANIS LUPUS) SUR LES ONGULES SAUVAGES ET
DOMESTIQUES DANS LE MASSIF DU MERCANTOUR »
présente les conclusions suivantes,

je cite:

« Depuis la recolonisation du massif du Mercantour par le loup (Canis lupus) au début des années 1990, l’impact du prédateur sur les ongulés domestiques et sauvages est à l’origine de violentes controverses. L’objectif de ce travail était de synthétiser les informations disponibles dans des modèles pour fournir une base non biaisée permettant une première évaluation de l’impact du loup sur les principales populations de proies. Nous avons développé un modèle énergétique pour estimer le nombre de mouflons (Ovis gmelini) et de chamois (Rupicapra rupicapra) tués par le loup de 1993 à 2001, et intégré ces estimations à des modèles structurés en âge des populations d’ongulés pour évaluer l’impact de la prédation. Puisque les défenses et comportements antiprédateurs peuvent influencer la prédation, nous avons étudié l’évolution du comportement de vigilance du chamois et du mouflon suite au retour du loup, et évalué l’effet de mesures de prévention des dommages sur l’utilisation des ongulés domestiques par le prédateur.

Nous montrons que le modèle énergétique constitue une alternative valide à la mesure directe des taux de prédation. La saison estivale semble critique pour le loup en termes de disponibilité des proies sauvages, et nous discutons l’effet potentiel de la présence d’un subside saisonnier en proies domestiques à cette période. La prédation et les prélèvements cynégétiques combinés ont excédé la capacité d’accroissement de la population de mouflon en 1994-2001, expliquant son déclin observé. Les prélèvements conjoints du loup et des chasseurs sont toujours restés inférieurs à la capacité d’accroissement de la population de chamois. Suite au retour du loup, les chamois et les mouflons sont devenus plus vigilants, et la proportion de troupeaux domestiques bénéficiant de mesures de protection s’est accrue. L’utilisation conjointe de chiens de protection et d’un parcage ou regroupement nocturne des troupeaux a été très efficace pour la majorité des troupeaux. Nous discutons les variations des taux estimés de prédation entre 1993 et 2001 à la lumière de ces changements de vulnérabilité des proies. « 

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